FAMINE AU SOUDAN
Action contre la faim appelle à une action humanitaire urgente pour éviter une crise alimentaire historique
Sans une action urgente, 35 millions de personnes au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Mauritanie et au Niger n'auront pratiquement rien à manger pendant la prochaine période de soudure, selon Sahel : Averting Another Historic Food Crisis (Sahel : éviter une nouvelle crise alimentaire historique), un nouveau rapport d'Action contre la faim. La période de soudure dans la région du Sahel a lieu chaque année entre les récoltes de juin, juillet et août.
Le rapport, qui s'appuie sur des preuves directes recueillies par Action contre la faim, conclut que les trois principaux moteurs de cette crise de la faim sont les conflits prolongés, le changement climatique et le COVID-19 :
La crise alimentaire qui s'annonce pourrait être la plus importante de la dernière décennie au Sahel : elle menace déjà 27 millions de personnes et, si aucune mesure n'est prise, ce chiffre pourrait atteindre 35 millions de personnes. C'est la troisième année consécutive de crise dans la région, qui a touché 21 millions de personnes en 2021 et 15 millions en 2020.
"Depuis novembre dernier, nos systèmes d'alerte précoce, grâce à des données telles que la dégradation des pâturages, la mortalité du bétail, la hausse des prix de certains aliments de base et l'augmentation du nombre d'enfants mal nourris dans les centres de santé, ont tiré la sonnette d'alarme et nous ont dit que quelque chose n'allait pas du tout", explique Manuel Sánchez Montero, directeur du plaidoyer et des relations institutionnelles d'Action contre la Faim.
"Nous sommes confrontés à une crise qui exige une réponse rapide et concertée de la part des pays touchés et de la communauté internationale. Nous devons agir, non seulement pour faire face à la crise maintenant, mais aussi pour essayer de jeter les bases afin qu'elle ne se poursuive pas dans les années à venir. Si nous n'agissons pas de manière décisive et rapide, la faim frappera avec la même fureur que lors des pires crises de 2012 ou de 1984", poursuit M. Montero.
Le sommet Union européenne-Union africaine des 17 et 18 février se concentrera sur la mise en œuvre des politiques publiques par les gouvernements, la bonne gouvernance et la sécurité. Il a suscité des critiques de la part des sociétés civiles africaines et européennes, qui estiment qu'il laisse peu de place à leur participation réelle à la prise de décision.
"Il est essentiel d'exempter un pays comme le Mali des sanctions imposées par la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) sur les marchandises, les transactions économiques et la circulation des personnes dédiées à la réponse humanitaire, ainsi qu'au maintien des services de base essentiels tels que la santé", déclare M. Montero.
"Action contre la faim appelle les Etats participant au sommet euro-africain non seulement à augmenter les ressources allouées à la sécurité alimentaire et aux biens de première nécessité pour les populations de cette région, mais aussi à faire avancer cette réponse dès maintenant. S'ils ne le font pas, dans quelques mois, des millions de personnes supplémentaires seront confrontées à une crise alimentaire grave et potentiellement mortelle", conclut M. Montero.
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