FAMINE AU SOUDAN
Le Conseil de sécurité des Nations unies a reçu un avertissement sévère sur les conséquences de l'inaction face à la crise à Gaza. En effet, dans son dernier rapport remis au Conseil, l'ONU avertit qu'au moins 576 000 personnes dans la bande de Gaza sont confrontées à des conditions proches de la famine en raison du conflit.
Le Conseil de sécurité, réuni sous les auspices de la résolution 2417, a entendu des exposés de fonctionnaires de l'OCHA, de la FAO et du PAM détaillant les conclusions de leur rapport qui souligne comment la conduite de la guerre, aggravant les effets du blocus militaire d'Israël avant le 7 octobre, entrave la capacité de la population à accéder à la nourriture à Gaza. Il s'agit notamment des restrictions importantes imposées par Israël à l'entrée et à la livraison des fournitures humanitaires et commerciales essentielles, du refus d'accorder des garanties de sécurité pour atteindre les populations de la bande de Gaza, de la poursuite du blocus de l'eau et de l'électricité, ainsi que des bombardements et des violences, y compris le ciblage des convois d'aide, qui entravent gravement la capacité des humanitaires à acheminer l'aide. Les Nations unies ont également souligné l'impact des attaques contre les infrastructures et les objets utilisés pour produire de la nourriture, la destruction des champs agricoles et les multiples déplacements forcés qui ont contraint à l'abandon des champs et ont limité la production alimentaire.
Alors que l'ensemble de la population de Gaza n'a pas un accès suffisant à la nourriture, la situation dans le nord est de plus en plus catastrophique, le PAM soulignant qu'un enfant de moins de deux ans sur six dans le nord de Gaza souffre désormais d'émaciation et que 155 000 femmes enceintes et mères allaitantes n'ont pas accès à des aliments suffisants et riches en nutriments. La malnutrition a des effets dévastateurs et intergénérationnels sur les groupes vulnérables, notamment les enfants, les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les handicapés et les blessés, qui courent un risque élevé de mortalité lié à une nutrition inadéquate. Elle a des conséquences à long terme sur le développement cognitif et physique des enfants et sur leur bien-être, ce qui affecte leurs chances dans la vie future.
La résolution 2417, adoptée à l'unanimité en 2018, est conçue pour déclencher une action du Conseil lorsqu'il existe un risque de famine induite par un conflit affectant les populations civiles. Elle renforce le droit international existant, selon lequel la famine de la population civile est un crime de guerre. Pourtant, malgré les avertissements continus de l'ONU et des ONG concernant les risques, et à l'encontre des propres résolutions du Conseil de sécurité, nous continuons à voir l'inaction résultant de l'utilisation du droit de veto par les membres permanents, les États-Unis ayant opposé leur veto pour la troisième fois à une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat au début du mois.
Les ONG soussignées demandent au Conseil de sécurité des Nations unies d'adopter d'urgence une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat et durable, seul moyen d'enrayer la famine à Gaza et de protéger la population civile, notamment en empêchant une opération militaire à Rafah qui aurait des conséquences catastrophiques pour les civils et interromprait totalement l'aide.
Dans le même temps, des mesures doivent être prises dès maintenant pour soutenir une augmentation massive de l'aide humanitaire à Gaza, qui sera également cruciale en cas d'arrêt des combats. Il s'agit notamment de continuer à soutenir le travail vital que l'UNRWA et ses partenaires accomplissent pour aider les Palestiniens à survivre à l'une des pires catastrophes humanitaires de notre époque. Le rôle de l'UNRWA ne peut être remplacé. Il s'agit également d'accélérer l'autorisation et le renouvellement des visas pour le personnel humanitaire.
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit veiller à la mise en œuvre des résolutions qu'il a adoptées sur Gaza et qui appellent à un accès humanitaire total, rapide, sûr et sans entrave dans et sur l'ensemble de la bande de Gaza. En outre, le Conseil de sécurité des Nations unies a un rôle essentiel à jouer pour garantir le respect de l'arrêt de la CIJ et l'application cohérente du droit international. Il s'agit notamment d'user de son influence pour s'assurer que les parties respectent la décision de la CIJ :
Signataires :
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