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Pourquoi je suis bénévole pour ACF ?

par Khalil Guliwala

Un jour, alors que je visitais mes grands-parents paternels en Inde, mon grand-père m’a amené à la crèmerie  du coin. Quelques enfants mendiaient tout près de la crèmerie et j’ai vu un couple leur offrir une miche de pain. Dans la précipitation, les 4 ou 5 enfants ont déchiré le sac, faisant tomber des tranches par terre. Malgré la présence de boue sur les tranches, ils les ont ramassés et les ont mangés.

Je me rappelle avoir été frappé par notre similarité: nous avions la même couleur de peau, les mêmes traits et nous parlions la même langue. Cependant, ils étaient « là-bas » à manger du pain plein de boue, et j’étais « ici » à déguster ma crème glacée.

Cette différence entre ceux «d’ici» et ceux de «là-bas», était encore moins marquée à Dubaï, ma ville natale. Avec une population composée a 90% d’expatriés, il y avait un fort sentiment de dissociation; comme si nous tentions de fuir les guerres ou les famines qui ravageaient nos pays d’origine. Pourtant, cette séparation a toujours semblée quelque peu forcée.

J’ai commencé à être bénévole pour ACF en 2014, soit 9 ans après mon arrivée à Montréal, car je voulais simplement offrir mon aide de quelque manière que ce soit. Avec mon parcours multiculturel (Moyen-Orient, Inde) et mes expériences passées dans des régions actuellement en crise (République centrafricaine, Philippines, Syrie), j’ai pensé que j’étais déjà en quelque sorte un « expert ».

Toutefois, à mesure que j’étudiais les rapports, les photos et les témoignages de terrain effectués parl’équipe, j’ai rapidement réalisé à quel point j’en connaissais très peu au sujet de la famine et des pays touchés par ce fléau. Voici quelques faits qui m’ont étonné :

  • Dans des situations d’urgence comme lors d’une guerre civile, la lutte contre la faim n’est pas toujours le premier objectif. La sécurité, l’accès à l’eau potable et les conditions d’hygiène sontparfois les priorités afin d’assurer la sécurité de la population et de prévenir la propagation des maladies. Étant donné que la maladie peut être le précurseur de la malnutrition, le maintien de la santé d’une population fait partie des interventions d’urgence d’ACF.
  • Pour des réfugiés comme ceux fuyant la Syrie ou la République centrafricaine, ou ceux ayant été victimes de catastrophes naturelles comme le typhon Haiyan aux Philippines, la faim va de pair avec l’épuisement, le deuil et d’autres traumatismes psychologiques. Les interventions psychosociales font également partie du travail d’ACF.
  • Dans les cas de malnutrition aigüe sévère, les systèmes digestifs des enfants peuvent cesser de fonctionner. Ils ne peuvent plus s’alimenter normalement et leur survie dépend souvent d’une préparation de lait thérapeutique administrée par voie intraveineuse.
  • Les bénéficiaires jouent un rôle actif. Les programmes d’ACF ont souvent une dimension éducationnelle et offre des outils permettant de trouver des solutions sur le long terme pour aider les communautés à se reconstruire.

Il est parfois difficile de regarder des photos ou de lire des récits malheureux. Cependant, le bénévolat me sensibilise aux difficultés auxquelles d’autres personnes sont confrontées. Le fait d’être confronté à de vrais défis dans d’autres régions du monde m’aide à ne pas prendre les choses pour acquises dans ma vie. J’adopte une attitude conciliante avec mes proches, car je ne sais jamais à quel moment un désastre peut me les enlever. Je maîtrise ma colère lorsqu’une personne est irrespectueuse, car il y a des choses bien pires qui nécessitent mon attention.

Je garde espoir. Il y a de plus en plus de gens qui viennent en aide aux populations vulnérable à l’étranger,  donc j’attends le jour lointain où la distinction entre « là-bas » et « ici » s’effondrera ; où il n’y aura plus de citoyens et d’étrangers, mais où il n’y aura que nous, une seule humanité à perte de vue.

Khalil Guliwala est bénévole pour ACF depuis 2014. Il travaille pour un organisme international à but non lucratif et il est responsable de la communication, du marketing, ainsi que de la collecte de données au sujet des personnes atteintes de troubles de coagulation dans le monde. Il habite à Montréal, au Canada, en compagnie de sa fiancée et de ses trois chats.

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