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Népal : « Avant, il y avait un village ici »

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La robe rouge à fleurs de Sanju détone au milieu du nuage de terre qui règne dans le village de Chaughada. Aidée par ses quatre enfants, Sanju déblaie depuis l’aube les pierres qui constituaient sa maison avant que le tremblement de terre ne transforme le village en un amas de poussière et de gravas. Elle s’assoit sur un monticule de cailloux qui ne fait plus qu’un avec le chemin et la maison du voisin. Sa mère, affairée de l’autre côté de la maison, la rejoint affublée d’une ceinture pour les lombaires et d’un gros pansement au pied.

Le samedi 25 avril, au moment du séisme, Sanju était derrière sa maison. Elle a été propulsée un peu plus loin sur le chemin tant le sol bougeait. Sa mère, elle, n’a pas eu le temps de sortir de la maison. Ensevelie sous les décombres, elle a pu être sortie rapidement avec seulement quelques blessures, contrairement aux 7500 personnes qui ont trouvé la mort dans cette tragédie. Au son des marteaux, les habitants de Chaughada nettoient, déblaient, mettent de côté ce qu’ils ont pu sauver dans la catastrophe.

Village rural situé dans le district de Nuwakot, au nord-ouest de Katmandou, Chaughada a été littéralement retourné par le séisme. A tel point qu’on ne saurait dire où commence et où s’arrête la propriété de chacun. Si déblayer prendra encore du temps, la reconstruction des maisons est pour le moins incertaine. Pour la plupart fermiers, les habitants de Chaughada n’ont pas les moyens de bâtir à nouveau. Et reconstruire prend du temps, entre 3 et 4 mois en fonction de la taille de la maison.

Sanju regarde son fils se démener à grand renfort de coups de pelle et de sueur. Les écoles, fermées depuis le séisme, rouvriront bientôt leurs portes et celui-ci ne sera plus en mesure de l’aider pendant la journée. Sous le soleil de midi, tous s’acharnent pour redonner un semblant de normalité au village. Dans la rue principale, des femmes ramassent les branches du grand arbre qui git au sol, découpé en morceaux à la hache. Un homme assis sur la façade pliée de sa maison essaie de faire vaciller un pan de mur, l’un des rares encore debout.

La saison des pluies commencera bientôt, aggravant encore la situation et rendant la vie sous tente extrêmement difficile. La petite route qui relie le village à Bidur, chef lieu du district de Nuwakot, risque alors de devenir impraticable à cause des glissements de terrain provoqués par la mousson.

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