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Les pères contre la faim: « Tous les parents devraient voir leurs enfants vivre »

Famakan Kiabou, un agent de santé communautaire formé par Action contre la Faim dans le village reculé de Kourounan, au Mali, examine un enfant pour dépister tout cas de malnutrition. Photo: B.Stevens / i-Images pour Action contre la Faim, Mali.

À l’occasion de la Fête des Pères, nous voulons rendre hommage aux nombreux pères et hommes du monde entier qui se battent pour protéger les enfants de la faim et leur offrir une vie pleine de promesses. Nous partageons donc avec vous l’histoire d’un père au Mali, qui s’occupe non seulement de sa propre famille, mais aussi des enfants de toute sa communauté.

Jusqu’à il y a environ un an, le village isolé de Kourounan n’avait pratiquement aucun accès aux services de santé de base. La clinique de santé la plus proche se trouve à 40 km – un voyage souvent trop long et trop coûteux pour la plupart des familles, qui sont à peine capables de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires en pratiquant l’agriculture de subsistance. La dénutrition sévère est fréquente chez les enfants de moins de cinq ans à Kourounan, et l’accès aux traitements peut être difficile voire impossible pour de nombreux parents. C’est le cas de nombreuses communautés rurales au Mali.
Kabo Dembele est le directeur de l’école primaire locale de Kourounan. Il est aussi le père de cinq enfants. Il a trop souvent vu les effets dévastateurs de la malnutrition. « Nous avons beaucoup souffert dans le passé. J’ai vu tant d’enfants mourir inutilement de malnutrition parce qu’il n’y avait pas de possibilité d’être traité dans notre village. Quand nos enfants tombaient malades, ils ne pouvaient pas recevoir de soins », explique Kabo.

Kabo Dembele est père de cinq enfants et professeur principal à Kourounan. Avec l’aide de Famakan, le fils de Kabo, Sumita, a récupéré de la dénutrition. Photo: B.Stevens / i-Images pour Action contre la Faim

Kabo et ses cinq collègues enseignent les mathématiques, la grammaire et le français à environ 200 enfants du village. Il est profondément engagé dans son travail.

« Notre village est très éloigné, et cultiver des légumes est un vrai défi parce que nos puits s’assèchent », explique Kabo. « Nous ne pouvions plus nous permettre de transporter nos enfants malades, et il est presque impossible de marcher jusqu’au centre de santé dans la chaleur étouffante. Ça me faisait mal de voir nos enfants souffrir comme ça. Ils sont notre avenir.  »

Action contre la Faim s’est mobilisé pour apporter un traitement contre la malnutrition aiguë sévère directement aux communautés maliennes, épargnant ainsi aux parents des voyages longs et coûteux à destination et en provenance de l’hôpital régional. En 2014, nous avons lancé un ambitieux projet de recherche visant à déterminer si les agents de santé communautaires pourraient étendre efficacement l’ensemble des services de santé de base qu’ils fournissent déjà, non seulement pour le dépistage de la malnutrition mais aussi pour son traitement.
Famakan Kiabou est l’un des agents de santé communautaires de Kourounan. Action contre la Faim lui a fourni une formation pour dépister et soigner les enfants souffrant de pneumonie, de diarrhée, de paludisme et de dénutrition. Ces agents de santé communautaires fournissent des soins de santé à leurs voisins directement chez eux, ce qui permet pour la première fois au village d’avoir un accès direct aux services les plus élémentaires.

« NOUS PARTAGEONS UN LIEN TRÈS SPÉCIAL »

« Je me souviens encore de ma première semaine ici à Kourounan, quand une mère nommée Awa m’a amené son petit garçon Khali », raconte Famakan. « Khali était apathique et souffrait de dénutrition sévère. Je lui ai rendu visite chaque semaine et j’ai fourni à Awa des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi pour l’aider à guérir. Avec ce traitement simple, les enfants peuvent rapidement retrouver la santé. Khali s’est entièrement rétabli et à ce jour nous partageons un lien très spécial. Il était le premier enfant sous-alimenté que j’ai traité ici dans le village. J’ai énormément d’affection pour lui.  »

 

Famakan vérifie les dossiers médicaux du petit frère de Khali, Samakoun. Photo: B.Stevens / i-Images pour Action contre la Faim

Le fils de Kabo, Sumita, est devenu gravement sous-alimenté peu de temps après que Famakan ait reçu sa formation. Kabo s’était toujours engagé pour assurer le bien-être des enfants dans son école, mais maintenant son propre enfant était en danger. Grâce à Famakan, Sumita a été examiné suffisamment tôt et a reçu le traitement approprié.
« Quand Famakan est venu installer le poste de santé local, les choses se sont améliorées. Notre souffrance a pris fin « , dit Kabo, en serrant la main de son plus jeune fils, Sumita.

Kabo a dit à l’équipe d’Action contre la Faim: « Regardez-le! Il est en bonne santé et enjoué – tout ça grâce à Famakan et son équipe. Sumita est tombé malade il y a quelques mois. Il était sous-alimenté. Nous sommes allés voir Famakan et il a reçu un traitement gratuit. Famakan a continué à surveiller mon fils jusqu’à ce qu’il soit rétabli. Regardez comme il est en bonne santé maintenan t!  »

Au lieu d’attendre que les parents marchent chaque semaine jusqu’à 40 km pour aller à la clinique la plus proche pour recevoir un traitement, Action contre la Faim forme des champions comme Famakan à dépister la malnutrition et d’autres maladies, et traiter les enfants. Le programme d’Action contre la Faim vise à responsabiliser les agents de santé communautaires, sauver des vies, mais aussi collaborer avec des pères comme Kabo, ainsi qu’avec des mères et tout autre gardien, pour repérer les signes avant-coureurs de la malnutrition et obtenir un traitement précoce pour éviter que les enfants ne tombent gravement malades.
Les premiers résultats de notre étude sont encourageants : dans les villages où nous avons mis en œuvre le programme, les agents de santé communautaires ont pu doubler le nombre d’enfants ayant reçu un traitement contre la dénutrition aiguë sévère.

« Famakan s’occupe de tous les enfants de notre village pour qu’ils puissent jouer et aller à l’école en bonne santé », explique Kabo. « En tant que père, en tant que parent, vous ne voulez rien de plus que de laisser vos enfants grandir en bonne santé. Nos enfants sont notre avenir. Ils devraient être en bonne santé. Ils devraient être capables d’apprendre. Tous les enfants devraient recevoir le traitement urgent dont ils ont besoin. Tous les enfants devraient pouvoir survivre. Et tous les parents devraient voir leurs enfants vivre.  »

 

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