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Les 28 fois où nous avons fait des potagers une arme contre la malnutrition

Photo : Lys Arango pour Action contre la Faim, Colombie. Gladis Nidey Pérez est le leader d’une association pour les femmes dans dans sa communauté, où Action contre la Faim a aidé à planter un jardin potager. Le projet fait partie de nos interventions en « sécurité alimentaire et moyens d’existence » mises en place dans ce pays, qui ont pour objectif de donner à la communauté non seulement un accès à une nourriture en qualité et quantité suffisante, mais également d’aider ses membres à se constituer une source de revenus complémentaires.

Les jardins potagers sont un outil inestimable dans la lutte contre la faim. Et pas seulement parce qu’ils permettent de se procurer de la nourriture de qualité ! Grâce à votre soutien, nous aidons à planter des potagers pour lutter contre la malnutrition dans plus de 50 pays dans le monde, y compris au Canada. On s’est donc dit que nous allions partager avec vous quelques-uns des potagers qui existent grâce au soutien que vous nous avez apporté.

D’ailleurs, saviez-vous que nous sommes en train de cultiver un potager virtuel pour permettre à plus de communautés de faire pousser leur propre jardin ? Plantez une graine dès aujourd’hui pour que nous puissions mettre fin à la faim !

 

Les jardins potagers ont leur place dans chacun de nos domaines d’action : de manière plus évidente dans nos programmes de nutrition, sécurité alimentaire et moyens d’existence, mais également dans nos programmes d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et l’hygiène, et dans nos programmes d’intervention d’urgence.

 

LES POTAGERS DANS NOS PROGRAMMES D’INTERVENTION D’URGENCE

Dans nos programmes d’Intervention d’Urgence, les jardins potagers permettent de garantir un régime équilibré pour des personnes déplacées qui vivent dans des camps de réfugiés. Les rations alimentaires de base sont faites pour garder les gens en vie, pas pour leur assurer une alimentation saine et équilibrée sur le long-terme. En créant des potagers ou des serres dans des camps de réfugiés, on habilite les familles à préparer pour leurs enfants des repas d’une réelle qualité nutritionnelle.

 

Ethiopie : Les rations alimentaires sont la source d’alimentation principale des personnes qui vivent dans les camps de réfugiés. Ils reçoivent des céréales, du sucre et de l’huile…Mais seuls, ces aliments ne permettent pas un régime sain. Nous avons donc aidé à développer des potagers familiaux dans ces camps, en visant particulièrement les foyers avec des femmes enceintes ou allaitantes ou des enfants touchés par la malnutrition.

 

Soudan du Sud : En 2016, des conflits continus, aggravés par des récoltes et des précipitations insuffisantes et par une pénurie de produits alimentaires de base, ont contribué à des niveaux records de faim et de malnutrition aiguë au Soudan du Sud. Plus de la moitié de la population nécessite une aide alimentaire d’urgence. Pour faire face à un tel défi, nous avons entre autres établi des partenariats avec des familles déplacées pour planter des jardins de légumes, et les faire bénéficier d’un programme de travail contre rémunération (« cash-for-work ») pour répondre aux besoins alimentaires d’urgence.

 

Kurdistan Irakien : Mohammed, un réfugié syrien au Kurdistan irakien, choisit des légumes tandis qu’une de ses filles l’observe. Action contre la Faim tâche de mettre en place plus de serres dans le cadre d’un programme d’agriculture dans un camp de réfugiés au Kurdistan irakien. Les serres ont eu nombre d’effets bénéfiques – en plus d’améliorer la qualité et la quantité de nourriture dans le camp, elles promeuvent l’indépendance financière de ceux qui y vivent. Les serres font environ 446 m2, et nous espérons rendre le programme durable grâce à l’implication de fermiers locaux qui peuvent venir conseiller les réfugiés.

 

Bangladesh : Un potager dans le camp de réfugiés de Kutupalong, où vivent actuellement 317 000 réfugiés. Ce jardin se trouve juste devant notre Centre d’Intervention d’Urgence, où nous distribuons des milliers de repas chaque jour, particulièrement aux enfants de moins de cinq ans. Au Kutupalong, des familles déplacées plantent leur propre jardin de légumes pour se nourrir et travaillent aussi dans le jardin d’autres personnes pour gagner de l’argent et répondre à leurs besoins alimentaires essentiels.

 

LES POTAGERS DANS NOS PROGRAMMES DE NUTRITION & SANTÉ

Dans nos programmes de Nutrition & Santé, nous aidons les communautés à faire pousser des potagers communaux près de nos centres de traitement, afin que les parents aient accès aux fruits et légumes nécessaires pour préserver leurs enfants de la malnutrition.

 

République Centrafricaine : Les jardins potagers peuvent être un outil très précieux. Prenons pour exemple Bangui, la capitale de la République Centrafricaine (RCA). Action contre la Faim a accru l’ampleur de nos efforts dans ce pays vulnérable en réponse aux besoins grandissants. A cause de la guerre civile, la fréquence des cas de malnutrition en RCA a connu une croissance exponentielle ces dernières années. Pour y faire face, nous avons mis en place des interventions supplémentaires pour traiter la malnutrition qui sévit et rétablir la sécurité alimentaire. Notre travail avec les locaux sur les potagers remplis d’aliments nutritifs comme des laitues, concombres, aubergines, tomates, carottes et amarantes, fait partie de ces efforts.

Action contre la Faim crée souvent des jardins potagers près de nos centres de traitement de la malnutrition. Ces jardins potagers sont utilisés pour nourrir les parents d’enfants hospitalisés (qui ont souvent du mal à satisfaire leurs propres besoins nutritionnels), pour enseigner des techniques de jardinage et mettre sur pied des démonstrations culinaires, ce afin que les parents puissent être capables de mieux nourrir leur famille et leur communauté. Ces jardins permettent de diversifier les régimes alimentaires et offrent un accès rapide à des éléments nutritifs car ils poussent rapidement (à titre d’exemple, les feuilles d’amarante peuvent être mangées seulement trois semaines après plantation). Nous procurons semences et outils et menons des démonstrations pour les volontaires de la communauté. Une fois les jardins établis, ce sont les membres de la communauté qui s’en occupent eux-mêmes.

 

Niger : Nous avons introduit des potagers au Niger durant la crise de 2012 au Sahel. « Depuis que nous avons commencé à travailler dans le jardin, nos problèmes de condiment sont résolus et tout le monde mange de la bonne sauce en récoltant directement des feuilles et des légumes dans le potager. En plus, des quantités de céréales qui n’étaient pas suffisantes avant le sont maintenant, grâce à l’abondance de feuilles » Sayon Dembele du village Kénékan, Niger. « Grâce au jardin, il y a eu beaucoup de changements dans le village. Déjà dans tout ce qui touche à la santé…Parce que le potager fournit des légumes pleins de vitamines qui aident à lutter contre les maladies, comme les laitues, tomates, choux, oignons…etc. » Badiali Damba du hameau de Simbona, Gakouroukoto, Niger.

 

Mali : En réponse aux hauts taux de malnutrition aiguë, nous intervenons dans le district de Kita depuis 2007. Nous y avons mis en place un stratégie innovante multi-sectorielle pour lutter contre la malnutrition en combinant des programmes de sécurité alimentaire, d’éducation, de santé et d’accès à l’eau potable, ainsi que d’assainissement. Dans le district sud de Kita, les populations ont accès aux aliments de base. En revanche, elles ont un accès très limité à l’eau potable et manquent de diversité dans leur régime alimentaire. Pour contrer ces problèmes, nous utilisons notre approche « Jardins de la Santé » pour transmettre aux mères des connaissances nécessaires de base pour améliorer la situation nutritive de leur famille. Cela se fait par le biais d’une éducation nutritionnelle et d’une diversification de leur consommation alimentaire.

 

Burkina Faso : Dans la nation ouest-africaine du Burkina Faso, nombreuses sont les familles qui ont du mal à joindre les deux bouts en raison de la faiblesse de l’économie, des conséquences de la crise alimentaire dans la région du Sahel, d’épidémies fréquentes de choléra, et de l’arrivée d’une vague de réfugiés provenant du Mali voisin. Pour adresser les causes sous-jacentes de la malnutrition dans le village rural de Birminga, Action contre la Faim a aidé des femmes locales à établir un jardin potager. Les villages ruraux n’ont souvent pas accès aux marchés faute de moyens de transport. Pour garantir néanmoins leur accès à une variété de fruits et légumes, nous avons aidé à développer des Potagers de la Santé dans le district de Pama, Burkina Faso.

Auparavant, beaucoup des enfants du villages étaient faibles et tombaient malades, et on faisait rarement le lien avec le manque d’éléments nutritifs dans leur régime. Avec notre soutien et celui de nos partenaires, nous avons aidé à creuser un puit et nous avons fourni les outils et semences nécessaires pour commencer à planter des jardins potagers dans le village. La nourriture de ces jardins a produit ses propres semences, permettant ainsi aux communautés de devenir autosuffisantes grâce à un choix de fruits et légumes divers. Ouoaba Pouguidiba, la Présidente de l’initiative de jardin communautaire, a partagé avec nous son expérience.
Grâce à ce programme, nous avons observé une nette augmentation dans la proportion d’enfants se nourrissant avec des aliments d’au moins quatre groupes alimentaires : elle est passée de 45% à 85,5%.

 

Pérou : Au Pérou, nous nous impliquons dans la réduction de la malnutrition chez l’enfant, et nous travaillons étroitement avec les services de santé et le gouvernement aux niveaux local, régional et national. Cela nous permet de chercher des moyens acceptables culturellement et au moindre coût pour combattre la fréquence élevée des cas de malnutrition dans les hautes terres péruviennes. C’est dans cet objectif que nous avons créé des jardins potagers pour réduire les dépenses alimentaires des familles, et pour augmenter la quantité de légumes présente dans leurs repas.

 

LES POTAGERS DANS NOS PROGRAMMES D’ACCÈS À L’EAU POTABLE &  À L’ASSAINISSEMENT

Dans nos programmes d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WaSH), nous protégeons les foyers et les jardins communaux en atténuant l’impact des chocs climatiques provoqués par les inondations et les sècheresses. C’est en créant des puits et des canaux qui permettent une meilleure gestion de l’eau que nous y arrivons. Associer nos potagers à ces programmes nous permet de préserver les bénéfices des jardins toute l’année pour plus de familles, et pas seulement lors de la saison des pluies.

 

Haïti : Part entière de nos programmes de sécurité alimentaire en Haïti, des bassins pour emmagasiner de l’eau ont été creusés pour aider les fermiers avec leurs microjardins – ce qui leur donne accès à de l’eau, même lors de la saison sèche. La communauté a aussi été formée à préserver ces bassins pour les années à venir. Djuny Duvernoit, 28 ans, qui travaille pour Action contre la Faim depuis 21 mois en tant qu’ingénieur agronome (en bleu ci-dessus), est l’un des leaders de ce projet.

 

Cambodge : M. Tep Torin, 62 ans et père de 4 enfants, s’occupe de son jardin d’herbes aromatiques créé avec l’aide des programmes de sécurité alimentaire et moyens d’existence d’Action contre la Faim. Ce soutien comprenait également la construction d’un bassin voisin que M. Tep utilise pendant la saison sèche et d’un réservoir d’eau qui retient l’eau de pluie près de sa maison, dans le village de Tmat Peuye, province de Preah Vihear, Cambodge.

 

Indonésie : Avant les initiatives en matière d’accès à l’eau d’Action contre la Faim dans le district de Timur Tengah Selatan, en Indonésie, les ménages étaient obligés de marcher 1-2km 2-3 fois par jour pour subvenir à leurs besoins en eau et à ceux des jardins. Procurer des sources d’eau aux communautés isolées dans des régions traditionnellement sèches a eu un impact positif sur la vie quotidienne des ménages et a fourni une source clé d’irrigation pour les jardins familiaux. Grâce à des jardins familiaux plus abondants, en moyenne 85% des ménages consommaient 4 à 6 variétés de légumes par semaine. Pour point de comparaison, avant notre initiative d’irrigation, les régimes alimentaires de chaque foyer comportaient seulement 2-3 variétés végétales, comprenant principalement du maïs et du manioc. Plus de ménages ont également été en mesure de vendre les excédents au marché local.

 

Somalie : En plein travail dans un jardin potager avec l’aide de notre équipe à Wajid, à 320 km à l’ouest de Mogadiscio, la capitale de la Somalie. Les potagers profitent à la population bantoue somalienne, une population sédentaire qui est généralement socialement défavorisée et souffre de discrimination, et ne participe donc pas à la gestion des installations d’eau. Nous offrons également une formation sur la gestion des eaux usées pour en tirer profit dans le jardin. Les potagers ont été utilisés en Somalie pour cultiver des tomates, des épinards, des citrouilles, des poivrons vertes, des citrouilles, des aubergines, ainsi que de la canne à sucre, des dattiers, de la goyave et des fruits de la passion.

 

Bangladesh : Notre équipe au Bangladesh a récemment achevé un projet dans une région sujette aux inondations dans le sud-ouest du Bangladesh. La propriété de Shiba Rani est située dans une zone qui connait beaucoup d’inondations. Grâce à des travaux récents dans sa région, sa maison et ses moyens de subsistance sont maintenant protégés contre la stagnation de l’eau et contre les inondations. Ces travaux comprenaient en effet la protection contre les inondations et l’érosion par le biais de la construction de terrasses et de canaux d’eau, ce qui a également aidé à stocker l’eau et à atténuer l’impact de la sécheresse. Maintenant que la région de Shiba Rani est mieux protégée des chocs climatiques, elle peut s’investir sans risque dans son jardin.

 

LES POTAGERS DANS NOS PROGRAMMES DE SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET DE MOYENS D’EXISTENCE

Dans nos programmes de sécurité alimentaire et de moyens d’existence, nous aidons les ménages à cultiver leurs propres potagers. Ces jardins offrent un accès direct et pratique à des fruits et légumes nutritifs juste à côté de chez eux, mais ils augmentent également les revenus grâce à la vente de produits supplémentaires et libèrent une partie du budget qui aurait autrement été dépensé en fruits et légumes coûteux. Nous cultivons par ailleurs des jardins de démonstration dans ce type de programmation, des outils éducatifs pour initier les communautés à planter et récolter leur propre nourriture et pour mettre en place une activité génératrice de revenus.

 

Zimbabwe : Afin d’accroître la diversité et la sécurité alimentaire des personnes vivant avec le VIH dans le district de Chipinge, Action contre la Faim a encouragé la mise en place de potagers. Nous avons réhabilité des points d’eau pour l’irrigation ; fourni une clôture de jardin ; proposé des formations sur les techniques de jardinage, la récolte et la nutrition ; distribué des semences (des semences de légumes d’hiver et d’été : épinards, carottes, colza, oignons, tomates, gombo, amarante, pois, courges butternut, haricots verts, covo) ; et mis en place un suivi post-récolte et un soutien technique. 31 jardins ont été établis, impliquant 1120 ménages. Toutes les personnes vivant avec le VIH dans le district de Chipinge ont accès à des traitements appropriés, y compris des médicaments antirétroviraux.

 

Colombie : Le professeur Melkar montre à Gloria Gomez, coordinatrice des programmes de sécurité alimentaire d’Action contre la Faim en Colombie, les récoltes de haricots, pommes de terre, fruits de la passion et blé cultivés dans l’école de Chuguldí, dans le jardin de démonstration de Samaniego. Les potagers de démonstration sont l’un des moyens par lesquels Action contre la Faim soutient les acteurs qui cherchent à rendre l’agriculture accessible et à diffuser l’éducation horticole à travers le monde.

 

Ouganda : Des membres de l’un des 120 groupes d’entraide entre mères mis en place par Action contre la Faim près d’Adjumani, dans le nord de l’Ouganda, ont établi un nouveau potager en dehors de la colonie de Mungula. Dans chaque groupe nous formons une mère élue comme premier contact, qui formera ensuite les autres aux questions de nutrition, d’alimentation du nourrisson, d’hygiène et leur enseignera comment rester en bonne santé. Agnes Namadi, 29 ans, a expliqué à la BBC qu’elle avait appris ainsi l’importance d’éviter les maladies et la malnutrition, ajoutant : « Quand vous mangez du manioc, cela vous donne de l’énergie et les légumes et mangues peuvent vous donner des vitamines. »

 

Sierra Leone : 500 ménages de deux chefferies du district de Moyamba (Bagruwa et Bumpeh) ont reçu des semences de légumes assorties d’une formation technique sur l’aménagement des parcelles, l’établissement des pépinières, la préparation du compost, la plantation et la lutte antiparasitaire. Grâce à ce soutien, ces ménages sont en mesure de participer à la production de légumes et de légumineuses afin d’améliorer la diversification de leur alimentation et la génération de nouveaux revenus.

En Sierra Leone, l’épidémie perturbe gravement la disponibilité et l’accessibilité de la nourriture pour les personnes les plus vulnérables. Bien que la production alimentaire ait été réduite, nos programmes de sécurité alimentaire aident de nombreuses familles à cultiver leur propre nourriture. Yombo fait partie de notre programme de jardinage à domicile. Malgré les contraintes que l’épidémie impose sur l’accès à la nourriture, Yombo nous a dit : «Je suis reconnaissante de faire partie du programme de sécurité alimentaire d’Action contre la Faim, surtout pendant cette période de crise dans le pays. Ma famille a toujours quelque chose à manger dans le potager.  »

 

 

Géorgie : Notre équipe dans le sud du Caucase a lancé le projet Integrated Home Gardens dans plusieurs régions de Géorgie pour promouvoir l’autonomie et améliorer le bien-être des personnes déplacées et rapatriées en Géorgie orientale et en Abkhazie. Les jardins familiaux sont de plus en plus considérés comme un élément clé de la lutte mondiale contre la faim, qui permettent de renforcer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des ménages. Ils peuvent fournir des micronutriments essentiels, des possibilités de revenus, une protection contre les chocs climatiques ou autres, et permettre d’augmenter les dépenses en éducation et en santé grâce à l’épargne sur les achats de produits alimentaires.

La promotion de techniques durables est la clé ; les ménages ont besoin de moins d’intrants coûteux tels que des engrais chimiques et des pesticides tout en améliorant l’état du sol au fil du temps. Les techniques à faibles intrants et à rendement élevé comme le labour, l’engrais vert et la culture intercalaire exigent également moins de travail, ce qui est utile dans les collectivités où une grande partie du jardinage est effectuée par des femmes ayant des responsabilités supplémentaires.

 

Liberia : Nous sommes présents au Liberia depuis 1990 et, parmi les nombreuses stratégies que nous utilisons, nous nous attaquons aux causes sous-jacentes de la malnutrition en aidant les familles à créer leurs propres potagers. Cela permet aux familles d’accéder à une source durable de nourriture et de revenus. Après des années de difficultés, la sécurité alimentaire et la nutrition s’améliorent maintenant à Monrovia, la capitale liberienne. Nous avons mis en place des programmes dans lesquels les potagers sont utilisés pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, ainsi que pour augmenter les revenus.

En un an seulement, nous avons vu des mères apprendre comment assurer leur propre subsistance et offrir la meilleure nutrition possible à leur famille. Après une visite à l’un de nos centres de nutrition à Monrovia, où sa fille de deux ans a été traitée pour malnutrition, Nancy a rejoint notre programme pour aider les mères à cultiver leurs propres potagers. Une augmentation de la consommation de légumes, de fruits et de protéines est essentielle pour réduire la malnutrition chronique, qui touche 45% des enfants de moins de cinq ans au Liberia.

 

Guatemala : Les potagers permettent à une communauté et à une famille d’avoir accès à des ingrédients pour la préparation d’aliments à la fois riches nutritivement parlant et également disponibles localement pour une meilleure acceptation dans les familles. Ils constituent une réponse aux barrières culturelles, commerciales et environnementales qui augmentent l’insécurité alimentaire de la communauté. Les jardins potagers jouent un rôle de plus en plus important pendant les périodes de famine saisonnière, lorsque le taux d’emploi et les revenus diminuent. Ils permettent à la communauté de garder un sentiment d’autonomie par rapport à leur accès à la nourriture, tout en améliorant l’état nutritionnel global. Au fil du temps, ils peuvent aussi influencer positivement la réduction de la fréquence des cas de malnutrition chronique.

 

Inde : Les potagers font partie de notre travail en Inde de deux manières : jardins familiaux et jardins communautaires. Les jardins familiaux fournissent des légumes facilement disponibles pour répondre aux besoins nutritionnels immédiats de chaque ménage. La plupart des foyers ont maintenant un potager dont la famille est ravie et dont elle s’occupe régulièrement, grâce auquel elle peut également vendre quelques produits. Les centres disposent désormais d’un potager communautaire où les habitants du village partagent la responsabilité du travail, mais aussi ses fruits. Cela a contribué à une approche plus responsable de la part des communautés en ce qui concerne de la santé de leurs enfants.

 

Mauritanie : Dans les régions du Gorgol et du Guidimaka en Mauritanie, Action contre la Faim a atteint 1 440 bénéficiaires en utilisant notre approche « Jardins de la Santé ». Dans ce cadre, les jardins potagers sont développés en collaboration avec des femmes sélectionnées sur la base de leur vulnérabilité nutritionnelle. Les légumes sont choisis en fonction de leur valeur nutritionnelle, les formations au jardinage s’accompagnent d’une sensibilisation à la nutrition, à l’allaitement maternel et au sevrage qui est complétée par des démonstrations culinaires. Une attention particulière est accordée au couple mère-enfant, avec des coins bébé et d’autres initiatives similaires. La participation de la communauté à toutes les étapes des jardins de la santé a assuré leur appropriation de l’initiative. Les activités des Jardins de la Santé en Mauritanie ont également été intégrées aux interventions WaSH. 126 Jardins de la Santé ont été mis en place ; 60 d’entre eux comportaient des systèmes hydroponiques innovants permettant de soutenir 180 ménages.

 

Myanmar : Saynuwara a partagé avec nous son histoire de potager : « Je cherchais juste un moyen de survivre et de nourrir ma famille. Avant de rejoindre le projet, je n’avais aucune connaissance du jardinage. Depuis que j’ai été sélectionnée par le projet, j’ai eu l’occasion d’en apprendre beaucoup. Le projet m’a donné une formation sur les bonnes pratiques agricoles et l’agriculture durable. J’ai maintenant de bonnes connaissances sur la gestion des ravageurs et des maladies, la gestion de l’eau, la fabrication de pesticides naturels, la fabrication de compost et l’économie de graines par le moyen d’une bouteille mélangée à de la cendre. Grâce à ce projet, j’ai accès à des légumes frais, et ce toute l’année. En ce moment, je cultive différents légumes tels que le gombo, le piment, le maïs, les haricots et la patate douce. La vie est meilleure maintenant et je peux même économiser de l’argent.  »

 

Népal : Le Népal est un autre pays dans lequel nous mettons en œuvre notre programme de jardin potager. Les jardins potagers et les serres / polytunnels contribuent à améliorer l’accès à une alimentation variée, ce qui est particulièrement nécessaire dans les terrains accidentés et montagneux du Népal. Certaines zones rurales sont coupées du réseau routier pendant la saison de la mousson, ce qui accroît la nécessité d’être autonome. Dans cette optique, Action contre la Faim a distribué des semences potagères mais aussi des arbres fruitiers, pour produire des bénéfices sur le long terme. Des potagers sont également cultivés dans les écoles pour permettre aux filles en âge d’être à l’école d’avoir accès à un repas de midi. Cela améliore leur performance et leur participation, pour un jour briser le cycle de la pauvreté et de la faim.

 

Gaza : Abd Alla est agriculteur sous serre et père de cinq fils. Leur famille dépend de leur serre pour leur subsistance. En raison de dommages partiels qui sont accumulés dans la serre, ils n’étaient plus en mesure d’y cultiver quoique ce soit. Récemment, Action contre la Faim l’a réhabilitée et a aidé Abd Alla et ses fils à reprendre leur travail et à cultiver dans tomates dans leur serre.

 

Sénégal : Plus de 1 800 personnes cultivent leur propre nourriture de qualité dans des jardins communautaires surveillés et ont reçu une formation sur les techniques agricoles requises. Les femmes qui travaillent dans les potagers ont été équipées d’outils de jardinage, y compris de graines, de pelles, râteaux, brouettes et bêches. Si la majorité de ce qui est produit dans les jardins sert à la préparation de repas sains pour les familles, une partie est vendue sur les marchés locaux, ce qui permet de couvrir les frais de fonctionnement des jardins, tels que les factures d’eau et d’essence.

En outre, dans sept écoles différentes, des équipes âgées de 14 à 18 ans ont été chargées d’arroser, de planter et d’entretenir des jardins potagers. Ce qui est produit dans ces jardins est ensuite utilisé dans les cantines scolaires pour faire des repas sains. Les élèves ont également pris part à des cours pour améliorer leur compréhension des causes de la malnutrition et des différents types d’aliments nécessaires pour préparer des repas familiaux sains ; connaissances qu’ils peuvent transmettre à leurs parents, et utiliser si et quand ils deviennent eux-mêmes parents.

 

LES POTAGERS DANS NOS PROGRAMMES D’ALPHABÉTISATION ALIMENTAIRE

Dans nos programmes d’alphabétisation alimentaire, nous utilisons des jardins potagers mobiles pour apprendre aux bénéficiaires à cultiver et à cuisiner leur propre nourriture de qualité, et leur donner des compétences et des habitudes saines pour créer un changement durable pour eux-mêmes et leurs communautés.

 

Canada : Au Canada, nous avons lancé Génération Nutrition, notre projet d’éducation sur les jardins potagers mobiles pour les jeunes Canadiens partout dans le pays.
En collaboration avec des éducateurs et des membres de la communauté, nous travaillons avec les écoles canadiennes pour :

• Fournir des modules horticoles sur la façon de cultiver, d’entretenir et de récolter des fruits et légumes frais à partir d’un système de jardinage mobile innovant qui permet de cultiver des fruits et légumes presque partout.
• Engager les jeunes dans des modules d’éducation expérimentaux, en veillant à ce qu’ils comprennent les problèmes liés à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition et sachent comment ils peuvent créer un changement durable.
• Mettre en contact des étudiants avec des professionnels du secteur alimentaire, y compris des chefs, des agriculteurs biologiques, des diététistes, des jardiniers et des vendeurs du marché.
• Enseigner aux élèves comment préparer et cuisiner des repas nutritifs et abordables en utilisant les produits récoltés, en partenariat avec des écoles culinaires et restaurants locaux.

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