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L’EAU POTABLE ET UNE MEILLEURE SANTÉ AU YÉMEN

Dans le petit village d’Al Gaza, au Yémen, la guerre et le conflit ont dévasté la communauté. Bien que difficile, la vie d’avant la guerre était encore assez confortable. À ce moment-là, certains services, comme l’eau et l’assainissement, n’étaient pas encore disponibles, mais les résidents pouvaient acheter de l’eau qui était acheminée par camion. La construction d’un réseau d’eau était en cours, mais depuis le début de la guerre en 2015, tous les projets d’infrastructure ont dû être suspendus.

Aujourd’hui, les gens ne peuvent plus se payer le prix extrêmement élevé de l’eau potable. Les habitants du village ont commencé à aller chercher de l’eau dans un puits voisin, où l’eau n’était pas toujours propre à la consommation humaine. Pour empirer les choses, certains ménages n’ont pas de toilettes et la pratique de la défécation en plein air est devenue de plus en plus courante. Les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, sont exposés à un certain nombre de risques lorsqu’ils sont forcés de dépasser les limites du village après le coucher du soleil ou dans l’obscurité juste pour trouver un endroit où aller à la selle.

Pour Mohammed bin Mohammed Rageh, père de cinq enfants, la situation n’était pas très différente de celle des autres : la famille a été forcée d’aller chercher de l’eau insalubre dans le puits dont dépendait le village entier et, comme leur maison n’avait pas de toilettes, ils ont dû pratiquer la défécation à ciel ouvert : « Le puits où nous allions chercher de l’eau était contaminé. Il y a quelque temps, un chien est tombé dans le puits et y est mort. Nous aurions préféré avoir de l’eau propre, mais nous ne pouvions tout simplement pas nous permettre de la faire acheminer par camion, alors le puits était notre seule option », dit Mohammed.

Sur la base d’une évaluation des besoins effectuée dans le village d’Al Gaza, Action contre la Faim a effectué des réparations importantes au puits principal, ainsi que l’installation de latrines pour les ménages les plus nécessiteux : « Après qu’Action contre la Faim a désinfecté le puits, l’a protégé contre la pollution et a installé des filtres en céramique pour rendre notre eau plus salubre à boire, la vie de ma famille a considérablement changé en mieux, » ajoute Mohammed.

Maintenant, sa femme et ses enfants passent moins de temps à marcher pour aller chercher de l’eau au soleil chaud, ce qui leur laisse plus de temps pour d’autres activités. Il explique que les latrines qui ont été construites à l’extérieur de sa maison ont eu un impact très positif sur leur vie : « Ma femme avait l’habitude d’attendre le coucher du soleil quand elle avait besoin d’aller aux toilettes. Je l’accompagnais tous les jours à la périphérie du village, car elle ne se sentait jamais assez en sécurité pour y aller seule. Maintenant que nous avons les latrines, les conditions ont radicalement changé », affirme Mohammed.

Plus important encore, dit-il, la santé de tous les membres de la famille s’est considérablement améliorée ; l’incidence de la diarrhée chez les enfants de Mohammed a considérablement diminué : « Mes enfants n’ont plus la diarrhée aussi souvent qu’avant. Il est difficile de dire si c’est à cause de l’eau propre et des latrines, ou parce qu’ils se lavent peut-être les mains plus souvent, comme l’ont enseigné les bénévoles en santé communautaire du village, ou parce que c’est une combina », conclut Mohammed.

LES CRISES MULTIPLES AU YÉMEN

Le peuple yéménite est confronté à de multiples crises, y compris des conflits armés, des déplacements et des risques de famine et d’épidémies, décrits comme la plus grave crise humanitaire d’origine humaine du monde.

Quatre années de conflit et de déclin économique ont épuisé les mécanismes de résilience de la population, détruit les infrastructures et gravement perturbé l’économie du pays. Selon le Plan d’intervention humanitaire du Yémen, en 2019, 24 millions de personnes – soit 80 % de la population – auront besoin d’une aide humanitaire et de protection. Au total, 15,9 millions de personnes, soit plus de 50 % de la population, souffrent d’une grave insécurité alimentaire, malgré l’aide alimentaire humanitaire en cours, et environ 16 millions ont un besoin urgent d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène.

De plus, 50% des établissements de santé sont fermés et plus de 70 % de ceux qui sont opérationnels ne disposent pas d’un approvisionnement régulier en médicaments essentiels. En 2018, le Yémen a été frappé par la pire épidémie de choléra de l’histoire moderne, touchant près d’un million de personnes. Enfin, environ 1,8 million d’enfants et 1,1 million de femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition sévère, dont 400 000 enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition aiguë sévère.

ACTION CONTRE LA FAIM AU YÉMEN

Malgré les défis posés par l’insécurité liée au conflit, les nombreux problèmes d’accès et d’autres obstacles, Action contre la Faim demeure un intervenant-clé dans les interventions d’urgence, au premier rang de la réponse au choléra et dans la sécurité alimentaire et la crise des déplacements. Grâce au financement d’Affaires mondiales Canada, Action contre la Faim a pu opérer dans les districts de Khanfar dans le gouvernorat d’Abyan et Tur al Baha et Al Madaribah wa Al Arah dans et le gouvernorat de Lahj. Ces gouvernorats ont été sélectionnés pour une intervention sur la base de l’échelle de gravité des besoins humanitaires (HNO), des lacunes en matière de services publics et d’assistance humanitaire identifiée par EHA (l’Eau, l’hygiène et l’assainissement) et les groupes sécurité alimentaire, les tendances de déplacement du BCAH (Bureau de coordination des affaires humanitaires) ainsi que de l’acceptation communautaire et, finalement, du risque de réémergence du choléra selon une évaluation du risque choléra par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé).

Action contre la Faim a mis en œuvre de multiples interventions pour gérer les crises telles que les épidémies de choléra et les déplacements, ainsi que pour répondre aux besoins de sécurité alimentaire et de nutrition. Depuis le début de la guerre en 2015, nous avons mis un accent particulier sur l’allégement des souffrances des personnes déplacées et des communautés d’accueil vulnérables. Alors que la situation en matière de sécurité et de sûreté continue de se détériorer en raison du conflit prolongé, les conditions de vie de la population yéménite déjà démunie continuent de se détériorer, et les familles doivent lutter quotidiennement pour obtenir une alimentation de base.

Maintenir une présence opérationnelle dans certaines des régions les plus touchées du pays et aider celles qui sont les plus difficiles à atteindre demeure notre plus grand défi. Nous poursuivons toutefois nos programmes de nutrition et de santé, en particulier notre soutien au traitement de la malnutrition aiguë sévère et modérée chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes et allaitantes. Cela implique également la formation des agents de santé et la sensibilisation des communautés vulnérables. Notre réponse humanitaire intégrée couvre également les programmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène à travers la réhabilitation des points d’eau et des latrines, la promotion de l’hygiène et la distribution de kits d’hygiène. En outre, Action contre la faim met en œuvre divers programmes de sécurité alimentaire et de moyens d’existence, principalement par la distribution de transferts monétaires pour couvrir les besoins alimentaires de base et autres.

PROJET FINANCÉ PAR AFFAIRES MONDIALES CANADA

 

Le projet  » Intervention d’urgence en matière de sécurité alimentaire, d’eau, d’assainissement et d’hygiène pour les populations touchées par le conflit dans les gouvernorats de Lahj et d’Abyan  » financé par Affaires mondiales Canada vise à s’attaquer aux causes de la dénutrition : accès insuffisant à l’eau potable et à la nourriture. La réponse vise donc à améliorer l’accès à l’eau potable au niveau de la communauté et des ménages, et à assurer l’accès à la nourriture pour ces mêmes ménages, ainsi que pour les ménages extrêmement vulnérables identifiés comme étant en insécurité alimentaire.

 

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