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L’avenir incertain des déplacés irakiens

Displaced Action Against Hunger

Août 2014, des centaines de milliers de personnes fuient les combats dans la région du Sinjar et le gouvernorat de Ninewah en direction du Kurdistan irakien. Les récits d’une population meurtrie se succèdent, comme les images de milliers de personnes coincées dans la montagne.

Un an plus tard, la situation n’a guère évolué ; la majorité des déplacés a quitté les abris de fortune des premiers mois et vit désormais dans des camps aux standards aléatoires alors que de nombreuses zones montagneuses demeurent inaccessibles pour les acteurs humanitaires.

A Zakho dans le gouvernorat de Dohuk, tous les déplacés n’ont pu être relogés. Plusieurs milliers d’entre eux ont passé l’hiver dans des bâtiments en construction, calfeutrés entre des bâches et des morceaux de bois et subissent désormais les fortes chaleurs estivales.

C’est le cas à « Dalal City » : un groupe d’une dizaine d’immeubles en construction situé à quelques kilomètres de la ville. Plus de 1500 personnes ont trouvé refuge dans ces bâtiments insalubres.« Lorsqu’ils sont arrivés, il n’y avait rien d’autres que ces squelettes de béton : aucun point d’eau, pas de toilettes. Un an après ils sont toujours là, c’est dramatique », explique Charles Strickland, directeur des programmes d’ACF en Irak. ACF intervient sur place depuis les premiers jours et la réponse humanitaire s’est adaptée aux besoins au fil des mois. Distributions de rations d’urgence, de coupons alimentaires, de kits d’hygiènes, installation de latrines et de réservoirs d’eau, soutien psychologique : l’organisation multiplie les interventions auprès d’une population oubliée.

 Une crise humanitaire rapidement tombée dans l’oubli

A l’instar des occupants de Dalal City, c’est toute la crise irakienne qui a disparu des radars alors que le nombre de déplacés et de personnes vulnérables ne cesse d’augmenter. Seule l’intervention militaire internationale face à l’organisation Etat islamique en Irak demeure la priorité, au détriment de l’urgence sociale et humanitaire dont à peine 32% des besoins pour l’année 2015 sont couverts. Le PAM (Programme Alimentaire Mondial) a d’ores et déjà effectué des coupes en divisant par deux ses rations alimentaires ainsi que la valeur des coupons distribués aux familles et au vu des financements actuels, d’autres coupes pourraient suivre. Depuis janvier 2014, plus de 3 millions de personnes ont dû quitter leur foyer en Irak et une part importante d’entre elles n’a pas accès à l’aide humanitaire ni à des zones sûres, que ce soit en raison des combats ou d’interdictions de se déplacer. Leur sécurité doit être garantie, leur accès aux services de base doit être assuré tout comme l’accès des acteurs humanitaires aux zones où elles se trouvent.

LA MISSION D’ACTION CONTRE LA FAIM EN IRAK EN GUELQUES CHIFFRES: 

Ouverture de la mission: 2013

Nombre d’employés: 274

Zones d’intervention: Gouvernorats de Dohuk, Erbil, Sulaymaniyah, Ninewah, Diyala

Nombre de personnes bénéficiant du soutien d’ACF  à l’intérieur et hors des camps: +/- 300 000  par mois

Nombre de camps couverts par ACF pour les déplacés irakiens: 6 – Qadiya, Chamisku, Sheikhan, Esyan, Garmawa, Taraz De

Nombre de camps couverts par ACF pour les réfugiés syriens: 6 – Gawilan, Darashakran, Qushtapa, Kawergosk, Basirma, Akre

Quantité de nourriture distribuée depuis juin 2014: Plus de 9 000 tonnes – soit presque le poids de la tour Eiffel!

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