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L’assainissement dans les pays en développement: coup de projecteur sur l’Afrique centrale

Sanitation Action Against Hunger

À l’occasion de la Journée Mondiale des Toilettes, nous avons demandé à Claude Sauveplane, ancien conseiller inter-régional des Nations Unies spécialiste des ressources en eau et ancien membre du comité d’administration d’Action contre la Faim Canada, de rédiger un article sur l’accès à l’assainissement, une question qui continue d’affecter des millions de personnes dans le monde.

L’accès à des installations sanitaires adéquates est un droit humain fondamental. L’assainissement vise à protéger la santé des individus, en réduisant la mortalité infantile, et en trouvant des méthodes spécifiques pour prévenir et contrôler les maladies transmissibles. Il prévient également la contamination et la détérioration de l’environnement qui peuvent être causées par le déversement de déchets solides et liquides comme les eaux usées, le drainage des eaux de surface, les déchets industriels, notamment ceux provenant des hôpitaux et les excréments humains. Les plus grands défis existent dans les pays où la pauvreté et/ou les conflits armés contraignent sévèrement le progrès. Face à une croissance urbaine rapide, plus de la moitié des services supplémentaires doit être délivrée dans les zones urbaines, même si les niveaux actuels de couverture dans les zones urbaines sont beaucoup plus élevés que dans les zones rurales.

L’absence de financement public à grande échelle dans le secteur de l’assainissement a conduit à l’émergence de « bonnes pratiques ». De même, le rôle de l’entreprise privée à petite échelle dans la fourniture des services d’assainissement est crucial, en particulier en Asie de l’Est. À ce jour, de nombreux investissements ont été réalisés au niveau des ménages en utilisant des technologies à faible coût, lesquels ont été effectués en dehors des programmes financés par les gouvernements ou par les donateurs. Les organismes publics, qui ont la responsabilité de mettre en place les politiques et de prendre des décisions quant aux investissements publics et aux campagnes visant aux changements de comportement, bénéficient toutefois de nouvelles approches plus efficaces.

La demande pour l’accès à l’assainissement vise à améliorer les installations sanitaires dans les établissements publics, en particulier dans les centres de santé et les écoles. Les enfants entre 5 et 14 ans sont particulièrement sujets aux infections causées par les parasites intestinaux et il est notoire que celles-ci, ainsi que d’autres maladies liées à l’eau, comme les diarrhées ou le ver de Guinée, entraînent un fort taux d’absentéisme à l’école. Cet absentéisme affecte en priorité les filles, qui ont besoin d’accéder à des toilettes propres, sûres et séparées avec des lavabos, surtout quand vient la puberté.La disponibilité de latrines adéquates dans les écoles peut ainsi permettre aux filles de recevoir une éducation.

Le succès et l’utilisation efficace des installations sanitaires dépendent fortement de l’implication des femmes et des hommes dans le choix de l’emplacement et de la technologie de ces infrastructures familiales. Indépendamment des clivages culturels et ethniques, la participation effective des femmes améliore de fait la vie de toute la communauté.

Les évolutions des taux d’accès à l’assainissement dans 10 pays d’Afrique centrale, dont bon nombre bénéficient des programmes d’Action contre la Faim, sont illustrées par le tableau ci-dessous:

(Les chiffres nationaux affichent des taux généralement inférieurs à 50% et les chiffres pour la RCA, la RDC et le Burundi ont probablement empiré en 2015.)

Source: Les rapports nationaux des Nations-Unies sur le développement humain et le projet conjoint de surveillance de l’Unicef-OMS (à l’exception de la Guinée équatoriale qui a fourni ses propres données relatives à l’assainissement.)

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