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L’arrivée de l’été apporte des difficultés pour les familles qui cherchent à se réfugier au Kurdistan irakien

Kurdistan Action Against Hunger

Depuis plus d’un an, la crise qui secoue l’Irak a provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes dans le pays, occultant peu à peu la situation des quelques 250.000 Syriens réfugiés au Kurdistan irakien. Dans le camp de Darashakran près d’Erbil, ils sont près de 10.000 à tenter de se reconstruire, loin de leur pays.

Il est encore tôt dans la principale artère commerçante du camp, mais les gens pressent le pas pour faire quelques courses avant que la chaleur ne soit insupportable. Ce n’est que le mois de mai, pourtant le thermomètre indique déjà 38°. Derrière les triporteurs qui se faufilent dans le camp, des nuages de poussière enveloppent les derniers passants bravant les rayons du soleil.

A l’autre bout du camp, Khalil Ismail et son ami Yousef Ali sont assis à l’ombre d’un mur de briques. Légèrement en hauteur, ils observent des ouvriers qui coulent une dalle en béton en sirotant un café. Une connaissance passe au pied du promontoire et les salue de la main. Pour tout réponse, Khalil lui jette une motte de terre qui éclate à quelques centimètres de sa cible. Tout le monde éclate de rire. Puis le silence s’installe.

Khalil le confesse bien volontiers, « il n’y a pas grand chose à faire ici. On rigole un peu, on se chamaille, on essaye d’oublier qu’on est loin de chez nous mais tout nous y renvoie sans cesse ». 

Originaires de Qamishli au nord-est de la Syrie, Khalil, sa femme et leurs 5 enfants ont fui il y a plus de 18 mois. Ils vivent désormais dans un abri en béton, situé dans la partie la plus ancienne du camp. Dans la pièce principale, un téléviseur diffuse un feuilleton syrien dont l’intrigue se joue à l’époque du mandat français (1920 – 1946). Le fils aîné, handicapé, fixe l’écran pendant que les deux plus jeunes répondent aux injonctions paternelles et courent chercher le thé, un cendrier, une photo du petit dernier pendant le nouvel an kurde. Khalil et sa famille disposent de deux pièces à vivre, d’une petite cuisine et d’une salle d’eau. Il ne se plaint pas de la vie sur place et sait que dans le camp, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Trouver de la place pour tout le monde

Les combats dans la région de Kobane, au nord de la Syrie, ont provoqué le déplacement de milliers de personnes et beaucoup d’entre elles ont fait un long chemin à travers la Turquie jusqu’au Kurdistan irakien. A leur arrivée, certaines familles ont été logées sous des tentes dans la partie temporaire du camp. Six mois plus tard, elles attendent encore d’être relogées.

Elles ont du mal à comprendre, « pourquoi nous ne vivons pas dans les mêmes conditions que les autres ? » demande une jeune mère : « regardez mon bébé, il a 10 jours à peine ». Les parents tentent de créer un courant d’air autour du berceau du nouveau-né qu’ils ont placé à l’entrée de la tente. « Il y a bien un système d’air conditionné mais il n’y a pas l’électricité suffisante pour toutes les tentes, du coup ça ne marche pas ».

La construction d’une nouvelle section du camp destinée aux derniers arrivants prend du temps et les familles font part de leurs craintes à l’approche de l’été.

A quelques mètres des tentes, une équipe d’Action contre la Faim répare des latrines. Un peu plus loin, une deuxième inspecte les points d’eau.

A Darashakran comme dans plusieurs autres camps de réfugiés du gouvernorat, ACF a déployé des équipes d’intervention rapide pour les interventions en eau, assainissement et hygiène. Elles prennent notamment en charge la maintenance des installations, réparent les infrastructures endommagées, vidangent les fosses sceptiques, assurent la distribution de kits d’hygiène ou d’outils de drainage et organisent des sessions de promotion à l’hygiène pour sensibiliser les habitants du camp. Les inquiétudes de la population sont partagées par l’équipe, l’été est toujours une période extrêmement sensible dans une région où les températures dépassent 50°.

 

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