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La désignation de Ansar Allah comme organisation terroriste aura un impact désastreux sur les civils au Yémen

Posté le 11 janvier 2021 – ACTION CONTRE LA FAIM S’INQUIÈTE DE LA DÉSIGNATION D’ANSAR ALLAH (CONNU SOUS LE NOM DE « HOUTHIS ») AU YÉMEN COMME ORGANISATION TERRORISTE PAR LE DÉPARTEMENT D’ETAT AMÉRICAIN.

Action contre la faim est convaincue que cette désignation aura un impact direct sur la situation humanitaire sur le terrain et affectera directement les milliers de civils affectés par la pire catastrophe humanitaire au monde, et dont une grande partie est aujourd’hui au bord de la la famine.

Action contre la faim appelle le futur gouvernement américain à revenir sur cette décision et demande également aux pays du Conseil de Sécurité des Nations Unies ainsi qu’à l’Union Européenne de faire pression sur l’administration américaine actuelle pour revenir sur cette décision. Si cette décision devait être maintenue, les États-Unis doivent accorder des exemptions précises, immédiates et automatiques aux organisations humanitaires, les mettant à l’abri de poursuites et de sanctions éventuelles. Les exemptions doivent également protéger les importations de produits essentiels tels que les denrées alimentaires, les médicaments ou le carburant afin de réduire l’impact de la décision américaine sur la population civile. Ces exemptions humanitaires, déjà défendues par Action contre la faim, lors de la dernière Conférence Nationale Humanitaire, apparaissent nécessaire face aux conséquences humaines de telles décisions politiques

Les contraintes financières, juridiques et bureaucratiques qui résultent de cette désignation feront que de nombreuses entreprises et institutions, comme celles du secteur bancaire international, refuserons d’opérer au Yémen et collaborer avec les acteurs humanitaires. Cela affectera également l’économie yéménite, déjà en chute libre, entraînant des centaines de milliers d’autres Yéménites dans la pauvreté et encore plus dans la famine. Une famine à laquelle le secteur humanitaire ne pourra pas répondre compte tenu des contraintes supplémentaires d’une telle décision. Cette désignation équivaudrait à une punition collective pour le peuple yéménite. Considérant le Yémen comme un environnement à haut risque pour l’insécurité alimentaire induite par le conflit, Action contre la faim considère que cette décision ira à l’encontre de l’esprit de la résolution 2417 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui condamne l’utilisation de faim comme arme de guerre contre des civils.

« Trop d’enfants sont déjà morts à cause de ce conflit et de ses conséquences directes et indirectes – comme la possibilité d’accéder à la nourriture et aux soins de santé. Beaucoup d’autres vont encore mourir », a déclaré Jon Cunliffe, Directeur des opérations régionales d’Action contre la faim pour le Moyen-Orient. « Le Yémen souffre déjà d’un grave déficit de financement humanitaire, et l’impact économique de COVID-19 devrait réduire encore les montants promis pour les opérations humanitaires. Cette désignation obligerait encore plus d’acteurs humanitaires à fermer des bureaux dans le Nord », a-t-il ajouté.

Action contre la faim intervient au Yémen depuis 2012 et est extrêmement préoccupé par la perspective de cette décision. Elle peut entraîner des conséquences dramatiques pour le secteur de l’aide et les civils qui dépendent de l’aide humanitaire. Ansar Allah est une administration qui réglemente la vie quotidienne de millions de Yéménites et une telle désignation va considérablement éroder la capacité de la communauté humanitaire à acheminer l’aide humanitaire dans le nord du pays, où vivent 70 % des Yéménites.

Le Yémen connaît la pire crise humanitaire au monde. 24 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire à travers le pays. Action contre la faim met en œuvre des activités dans certaines des régions les plus touchées, où le taux de malnutrition aiguë chez les enfants dépasse les 20 %, comme Hodeidah, Abyan, Lahj, Taiz. Dans ces régions, au cours des six derniers mois, le nombre d’enfants traités par Action contre la faim pour malnutrition aiguë a augmenté de 41 %.

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