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Égalité de genre et violence basée sur le genre

 

Egalite de genre et violence basée sur le genre dans les situations d’urgence et de développement

Dans notre lutte pour un monde qui ne connait plus la faim, Action contre la Faim cherche à comprendre les différentes expériences que traversent les femmes, les hommes, les filles et les garçons dans les pays où nous travaillons. Par exemple, les femmes et les filles au Soudan du Sud sont fréquemment les dernières à manger, et bien souvent celles qui mangent le moins. En Inde, nombreux sont les jeunes garçons travaillant loin de chez eux qui ne savent pas comment cuisiner pour eux-mêmes, et qui risquent de ne pas obtenir les nutriments nécessaires. Etre conscient de ces différences nous permet de concevoir des stratégies de programmation pour chacun de ces groupes afin de garantir des bénéfices similaires pour tous.

Dans la majorité des contextes dans lesquels nous agissons, les hommes et les garçons ont plus de privilèges que les femmes et les filles. Cela signifie que les femmes et les filles ont moins d’accès à l’éducation, à la représentation politique, ont un pouvoir de décision moins important à tous les niveaux, et un contrôle des ressources moindre. Action contre la Faim contribue à changer ces dynamiques dans le cadre de son mandat : l’inégalité de genre est une des causes fondamentales de la faim.

Le Département Genre d’Action contre la Faim soutient notre engagement organisationnel pour l’égalité de genre. Nous procurons les outils à notre réseau et développons les capacités de ses membres afin de promouvoir un environnement où le risque de violence basée sur le genre et de discrimination fondée sur le sexe est atténué.

 

NOTRE APPROCHE DE L’EGALITE DE GENRE

Qu’est-ce que l’Egalité de Genre ?
L’égalité de genre est l’état dans lequel l’accès aux droits ou aux opportunités n’est pas affecté par l’identité sexuelle, l’expression sexuelle ou l’orientation sexuelle. En d’autres termes, quand il y a un environnement où tout le monde a accès aux mêmes opportunités et droits dans chaque secteur et à chaque niveau de la société, y compris en ce qui concerne la participation économique et la prise de décision. Quand les différents comportements, aspirations, besoins et perspectives de tous sont considérés et valorisés : voilà ce à quoi ressemble l’égalité de genre.

Pourquoi l’égalité de genre est-elle importante pour notre organisation et notre travail ?
Action contre la Faim a donné une place importante à l’égalité de genre dans notre organisation et notre travail. Dans notre combat contre la faim, nous prenons en compte les différents rôles, besoins et opportunités des hommes, femmes, filles et garçons. C’est pour cela que nos programmes cherchent à créer un impact durable et ne s’attaquent pas simplement à la malnutrition, mais aussi aux disparités entre les sexes. L’inégalité de genre et une cause et une conséquence de la faim. A travers le monde, ce sont les femmes qui produisent la majorité de la nourriture, et les femmes qui en majorité s’occupent des enfants et des autres membres de la famille. Bien que cela soit fondamental pour le développement des sociétés, prendre soin d’autrui est une activité économique qui reste impayée et invisible, et dont la contribution n’est pas reconnue. Il est important de tenir compte de ce facteur, car on estime que les femmes et les filles représentent 60% de ceux qui souffrent de la faim. L’inégalité de genre entraîne des taux de malnutrition plus élevés chez les femmes et les filles.

Quelle approche adopte Action contre la Faim pour garantir des programmes sensibles au genre ?
La première étape pour garantir des programmes sensibles au genre est de comprendre les dynamiques de genre et d’âge qui animent les sociétés dans lesquelles nous mettons en œuvre nos projets.

Après cela, nous nous assurons que ces dynamiques de genre sont prises en compte au niveau du projet, afin de garantir que tous les besoins liés au sexe et au groupe d’âge sont couverts. Ainsi, tout le monde profite du projet, participe à sa conception et nous sommes en mesure de prévenir les obstacles et la violence basée sur le genre.

Comment le réseau d’Action contre la Faim rend-il compte de son action pour l’égalité de genre en son sein ?
L’égalité de genre est prise en considération dans chacune de nos politiques et pratiques. Nous nous sommes engagés à développer la capacité de notre personnel et de nos partenaires à intégrer l’égalité de genre et à adopter une approche transformative par rapport au genre.

Action contre la Faim a développé et fixé des normes et des qualifications internes : les Standards Minimum sur le Genre. Ces standards servent à expliquer à nos équipes notre approche commune de genre, et les fondamentaux du genre dans la pratique.

Les cinq standards auxquels Action contre la Faim se doit de rendre des comptes :

  1. Les processus et les pratiques internes contribuent à créer un environnement propice à l’égalité de genre.
  2. Les politiques et pratiques impliquant des partenaires, des parties prenantes et des bénéficiaires sont sensibles au genre.
  3. Le personnel est soutenu et encouragé à intégrer le genre.
  4. La capacité du personnel à intégrer l’égalité de genre est développée et renforcée.
  5. Le genre est considéré dans tous les programmes.

 

LA VIOLENCE BASEE SUR LE GENRE ET LA NUTRITION

Qu’est-ce que la Violence Basée sur le Genre ?
La violence basée sur le genre (VBG) est un terme générique pour tout acte nuisible/préjudiciable perpétré contre le gré de quelqu’un et qui est basé sur des différences socialement prescrites entre hommes et femmes.

Pourquoi est-il important pour notre organisation de prendre en compte la violence basée sur le genre dans notre travail ?
La violence basée sur le genre (VBG) et la dénutrition font partie d’un cercle vicieux. L’inégalité de genre qui augmente et le déséquilibre entre les hommes et les femmes en termes de pouvoir social sont à la fois cause et conséquence de la VBG.

Quelques exemples du lien entre VBG et dénutrition incluent :

  • Un stress accru, la non-satisfaction des besoins de base et les désaccords sur la manière de gérer les ressources (comme la nourriture) du ménage peuvent rendre plus importantes les diverses formes de violence domestique.
  • L’élévation des niveaux d’insécurité alimentaire peut se traduire par des femmes ou des hommes qui échangent des faveurs sexuelles contre de la nourriture.
  • Les survivants de la violence basée sur le genre peuvent souffrir de conséquences physiques, psychologiques et émotionnelles qui peuvent impacter leur consommation d’aliments nutritifs et sains.

Comment est-ce qu’Action contre la Faim intégre l’atténuation des risques de VBG dans ses programmes de nutrition et de santé ?
Afin de réduire et d’atténuer efficacement la VBG dans nos programmes, la première étape est de comprendre les risques et les causes de la VBG dans les communautés où nous travaillons. Nous établissons également des liens et nous coordonnons avec des spécialistes de la VBG et d’autres secteurs pour comprendre quels services sont disponibles ; comment les autres atténuent-ils et préviennent-ils la VBG dans la communauté; et comment nos programmes peuvent-ils être liés avec ces services.

Une fois les risques et les opportunités de collaboration appréhendés, nous pouvons alors prendre des mesures spécifiques pour atténuer les risques de VBG, selon le contexte. Par exemple:

  • Renforcer les capacités du personnel impliqué dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des projets.
  • Veiller à ce que la communauté puisse avoir accès et se sente suffisamment en confiance pour utiliser les mécanismes de dépôt de plainte.
  • Créer des groupes de soutien pour les femmes et les hommes participant à des programmes de nutrition afin de discuter de questions telles que la garde des enfants et le travail domestique – en plus des problèmes de nutrition.
  • Assurer un éclairage adéquat à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des latrines et des autres installations WASH.

Grâce au financement du Bureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) du département d’État, nous avons mis en place un programme pilote en matière de nutrition et d’atténuation des risques de VBG au Bangladesh, en Mauritanie et au Soudan du Sud. Le projet contribuera à :

  • Adapter les outils techniques et les directives pour intégrer les considérations relatives à l’atténuation des risques liés à la VBG.
  • Renforcer les capacités d’organisations humanitaires en ce qui concerne l’intégration des risques de VBG.
  • Adapter les programmes de formation du Groupe Mondial de la Nutrition (GNC) pour intégrer les risques de VBG.

Notre politique en matière de genre:
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