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Promouvoir une surveillance optimale de la croissance des enfants au Mali

Child Growth Monitoring - Action Against Hunger

Séance de travail sur les nouvelles normes de l’OMS adoptées par le Mali

Dans le cadre du projet de lutte intégrée contre la malnutrition chronique au Mali, un atelier de renforcement de capacités a été organisé du 4 au 7 mars 2022 pour les chargés nutrition des centres de santé des districts sanitaires ciblés. Cette formation avait pour but de renforcer les capacités des chargés de nutrition des centres de santé des 4 districts sanitaires sur les nouvelles normes de croissance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin d’assurer une bonne prise en charge des enfants touchés par la malnutrition.

Les courbes de croissance de référence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont des outils importants pour savoir si un nourrisson ou un enfant est en bonne santé et s’il grandit normalement. Ces courbes sont détaillées suivant le poids, la taille, le périmètre crânien, l’indice de masse corporelle et le périmètre brachial.

C’est en 1978 que l’OMS propose les premières courbes de croissance. Bien qu’utiles pour connaître l’état d’un enfant (utilisation clinique) et de groupes d’enfants (utilisation épidémiologique), elles se sont avérées plus ou moins bien adaptées aux différents contextes où elles étaient utilisées. Après plusieurs discussions avec les experts de la santé, l’OMS réalise une étude approfondie pour élaborer une méthode internationale normalisée afin d’évaluer la croissance physique, l’état nutritionnel et le développement moteur de tous les enfants, de la naissance à l’âge de cinq ans en se basant sur des données recueillies entre 1997 et 2003. Les nouvelles normes visent à représenter la croissance idéale, c’est-à-dire, des enfants vivant dans des conditions optimales et selon une nutrition conforme aux recommandations de l’OMS (nourrissons allaités complètement au sein, alimentation complémentaire du nourrisson et du jeune enfant).

Le Mali fait partie des pays qui ont adopté les nouvelles normes de croissance de l’OMS. Le défi auquel le pays fait face est de promouvoir l’allaitement maternel qui a été défini par l’OMS comme la « norme biologique ». Les enfants nourris au sein ne présentent pas la même croissance que les enfants nourris au lait maternisé. Au cours du premier trimestre, la croissance en taille et surtout en poids est supérieure chez les enfants exclusivement nourris au sein. Les nourrissons chez qui l’allaitement maternel est prolongé déposent moins de graisses dans leurs tissus.

L’allaitement maternel présente de nombreux avantages pour la santé de l’enfant et de sa mère, ce qui en fait selon les experts la façon optimale de nourrir les nouveau-nés. Au Mali, le taux d’allaitement maternel est trop bas. Il est de 31% dans la région de Kayes où le projet est mis en oeuvre contre 40% pour la moyenne nationale (Smart 2020). Cela peut entraîner des conséquences dramatiques en termes de mortalité infantile.

Les nouvelles normes permettent d’améliorer les connaissances et les compétences pratiques des professionnels de la santé qui peuvent mieux repérer les insuffisances ou les surcharges pondérales et contribuer ainsi efficacement à la prévention de la dénutrition, du surpoids, de l’obésité et des problèmes de santé qui en découlent.

L’objectif de cette activité était de former les chargés en nutrition des centres de santé sur les nouvelles normes de croissance de l’OMS. Plus spécifiquement, la formation a contribué à :

  • Former les prestataires sur les différentes techniques de mesure de la croissance d’un enfant
  • Connaître les indicateurs de croissance et pouvoir les interpréter
  • Informer et conseiller sur la croissance et l’alimentation

Cette activité a réuni les 39 chargés de nutrition du district sanitaire de Kita (dont 26 femmes) durant 4 jours. La formation a été animée par une équipe de facilitateurs composée des personnels de la direction nationale de la santé, de l’hygiène publique, de la direction régionale de la santé de Kayes et du district sanitaire de Kita.

Lors de la formation, les participants ont été initiés au projet de lutte intégrée contre la malnutrition chronique au Mali. Ce projet, sous la direction d’Action contre la Faim, est mis en œuvre par deux organisations maliennes, AMEDECOM, qui est partenaire sur les activités liées à la santé, la santé sexuelle et reproductive, la santé communautaire, les pratiques d’eau, hygiène et assainissement et la nutrition. COFERSA est partenaire sur les activités d’appui aux groupements de productrices et de plaidoyer sur le genre et l’agriculture sensible à la nutrition, notamment l’accès des femmes au foncier.

Cette session de renforcement de capacités a été l’occasion pour les participants d’approfondir leur connaissance sur les nouvelles normes de courbes de croissance de l’OMS.

« Je suis très satisfaite du niveau de la formation parce qu’il y a beaucoup de points sur la nutrition que je n’avais pas compris bien que je travaille dans ce domaine depuis longtemps. Cette formation m’a permis de mieux comprendre les concepts de base et d’améliorer mes connaissances. Par exemple, je suis parvenue à faire la différence entre le retard de croissance et l’insuffisance pondérale, de même que le tracé de leurs courbes, leurs interprétations. Je pense que le pari est gagné en ce qui concerne cet atelier. »

Fatoumata Bagayogo, participante Centres de Santé Communautaires (CSCOM) de Kourininko.

Cette formation a été organisée dans le cadre du projet de Lutte intégrée contre la malnutrition chronique au Mali, financé par Affaires mondiales Canada. Ce projet vise à améliorer durablement l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans et des femmes en âge de procréer. Le projet quinquennal s’attaque à trois causes majeures de la malnutrition chronique : l’accès à des soins adéquats, un environnement sain et une nutrition adéquate. Cet article s’inscrit dans le cadre de la journée internationale de la santé.

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