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COVID-19 : COMMENT ACTION CONTRE LA FAIM RÉPOND À LA PANDÉMIE


Un membre du personnel d’Action contre la faim se prépare pour une séance d’éducation à l’hygiène.
Photo: Sébastien Duijndam pour Action contre la faim, Jordanie

Chez Action contre la faim, nous prenons la menace du coronavirus/COVID-19 très au sérieux et avons mis en place des mesures pour protéger la santé et la sécurité de notre personnel et des personnes dans les communautés que nous desservons dans le monde entier.

Sur la base des conseils de Santé Canada, du Centre for Disease Control et de l’Organisation mondiale de la santé, ainsi que de ce que proposent les autorités locales, depuis le 13 mars, les employés basés au Canada sont encouragés à travailler à distance et les déplacements du personnel sont suspendus indéfiniment. Au cours de cette période, nos opérations se poursuivront aussi normalement que possible.

À ce jour, peu des 45 pays dans lesquels nous travaillont ont confirmé des cas d’infection. Certains de nos programmes nationaux, tels que ceux en Iran et en Afghanistan, sont plus près des zones épidémiques et développent actuellement des plans opérationnels spécifiques.

IMPACT SUR LES PROGRAMMES D’ACTION CONTRE LA FAIM

Nos équipes sur le terrain prennent toutes les précautions nécessaires pour empêcher la propagation de COVID-19 aux communautés que nous desservons tout en assurant la continuité de nos programmes vitaux. Nombre de ces mesures sont conçues pour protéger les travailleurs de la santé dans les communautés et les établissements, qui sont parmi les plus à risque de contracter des maladies infectieuses. Ces mesures de préparation comprennent la restriction des déplacements, le renforcement des pratiques d’hygiène, la définition de procédures d’isolement en cas de contamination, la mise en place de masques pour le personnel malade ou en contact avec des personnes malades et la sécurisation des équipements pour protéger nos établissements de santé.

Dans les pays où nous travaillons, nous offrirons un soutien aux ministères de la santé par le biais d’activités spécifiques visant à soutenir les systèmes locaux. Bien que nous ne traitions pas les cas de coronavirus, nous ferons tout notre possible pour aider à identifier et à orienter les personnes infectées vers les centres de santé, ainsi que pour renforcer la mise en œuvre des mesures d’hygiène afin de promouvoir le changement de comportement, notamment par le biais de groupes de soutien communautaires.

Nous savons également que la dénutrition est un facteur de risque de complications et de décès chez les personnes atteintes de coronavirus. De plus, comme c’est le cas pour d’autres maladies telles que le choléra, le paludisme et le virus Ebola, nous craignons que la sous-alimentation ne rende les gens plus vulnérables au coronavirus, car nous savons que la sous-alimentation entraîne un affaiblissement du système immunitaire.

Outre la pression que cette pandémie pourrait exercer sur les systèmes et les établissements de santé dans le monde entier, Action contre la faim s’inquiète de l’impact à long terme que cette pandémie pourrait avoir sur la pauvreté et la faim. Alors que le virus continue de se propager, il pourrait avoir des répercussions sur la production alimentaire et entraîner une insécurité alimentaire. Par ailleurs, au niveau macro, si l’économie mondiale souffre, les effets sur les populations les plus pauvres du monde pourraient être dévastateurs, entraînant davantage de personnes dans la faim et la pauvreté.

IL EST PLUS QUE JAMAIS IMPORTANT D’AVOIR ACCÈS À UNE EAU SAINE ET DE MAINTENIR DE BONNES HABITUDES D’HYGIÈNE


  Photo: Daniel Burgui pour Action contre la faim, Philippines

La pandémie rappelle avec force les défis considérables auxquels sont confrontées les familles pauvres dans le monde entier, en particulier dans le nombre croissant de régions où l’accès à l’eau est limité. En plus de traiter des millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë, nos programmes essentiels Eau, assainissement et hygiène (WASH) enseignent aux populations le lavage des mains et d’autres pratiques d’hygiène de base essentielles pour prévenir la propagation des maladies, notamment le coronavirus, dans le monde entier. L’année dernière, nos programmes WASH ont touché 8,9 millions de personnes.

Voici quelques-unes des manières dont nous encourageons l’accès à l’eau potable et promouvont de bonnes habitudes d’hygiene :

Nous améliorons l’accès à l’eau potable en construisant et en réparant des sources d’eau. En organisant des sessions d’éducation communautaire et en travaillant avec des groupes de soutien de mère à mère, nous enseignons le lavage des mains, les pratiques alimentaires hygiéniques, les pratiques de soins sécuritaires pour les nourrissons et plus encore. En Haïti, par exemple, nous avons contribué à l’élimination du choléra en partie en distribuant des trousses d’hygiène à tous les foyers où l’on soupçonnait des cas et en éduquant les communautés à haut risque sur le lavage des mains, l’eau saine et l’amélioration des pratiques en matière d’assainissement.

En plus de diffuser des messages sur les bonnes habitudes d’hygiène, la prévention des maladies et le maintien de la santé au sein des familles, nos équipes de recherche étudient différentes façons d’encourager le lavage des mains et les habitudes saines. Elles testent des approches innovantes et explorent des questions telles que : en plein conflit ou en cas de catastrophe naturelle et dans les communautés où l’accès à l’eau potable est limité, qu’est-ce qui motive les personnes à se laver les mains ?

Actuellement, nous essayons de voir comment encourager un changement de comportement en Éthiopie grâce à cette étude qui cherche à savoir si l’ajout de miroirs ou d’un savon plus agréable dans les postes de lavage des mains encourage les individus à se laver mains plus fréquemment. Une autre étude menée au Pakistan a montré que les enfants de moins de cinq ans vivant dans des foyers ayant reçu une éducation au savon ordinaire et au lavage des mains avaient une incidence de pneumonie inférieure de 50 %.

Bien que le coronavirus soit une préoccupation en Afrique et partout où nous travaillons, Action contre la faim demeure déterminée à aider les 820 millions de personnes qui ont faim chaque jour. À titre de comparaison, au 13 mars, on comptait plus de 137 000 cas confirmés de coronavirus dans le monde, dont 146 en Afrique.

Avec toute l’attention portée au coronavirus, il est essentiel que nous gardions en tête les 5,3 millions d’enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année dans le monde, dont près de la moitié de sous-alimentation. Nous devons nous attaquer à cette pandémie, mais cela ne doit pas signifier que des millions d’enfants continuent à courir le risque de mourir d’autres causes évitables.

Nous vous remercions de partager notre engagement à faire en sorte qu’aucun enfant ne meure de faim et à aider chaque enfant à grandir en santé.