Menu

Colombie: Le sabotage de l`oléoduc a contaminé les sources d`eau vitales

Colombia Water Source Action Against Hunger

Dans le département de Nariño, sur la pointe sud-ouest de la Colombie, l’un des effets les plus méconnus et pervers du conflit a gravement compromis la santé de la population. Depuis 2009, les communautés qui s’approvisionnent en eau dans les rivières Caunapi, Rosario et Mira ont subi la contamination des cours d’eau due à des actions armées contre les infrastructures pétrolières et l’oléoduc transandin. Cet incident a eu de graves conséquences sur la santé et l’agriculture de centaines de familles.

Les équipes d’Action contre la Faim présentes sur le terrain travaillent à fournir une aide d’urgence et à réduire le risque de maladies associées à l’eau contaminée dans la ville de Tumaco avant que les conditions ne s’aggravent.

27 Juillet 2015 – Le sabotage à l’explosif de l’oléoduc transandin qui a eu lieu en juin dernier a eu des conséquences désastreuses sur les communautés du Conseil Communautaire de la rivière Canaupi, du Conseil Communautaire de la rivière Rosario et du village de Pueblo Nuevo. Afin de faire face à la situation, plusieurs communautés ont improvisé la construction de puits et de réservoirs, mais avec de l’eau qui n’est pas de qualité suffisante pour qu’elle soit propre à la consommation. Par conséquent, il est fort probable que des maladies diarrhéiques et des infections respiratoires se propagent, surtout chez les enfants de moins de 5 ans. De même, il existe un risque important que les populations contractent des maladies de peau et des infections des zones génitales.

UN IMPACT DOUBLÉ

« En mai dernier, avant que la pollution aux hydrocarbures ne se produise, les communautés ont connu des inondations. Cependant les communautés touchées n’ont pas pu recevoir de l’aide, en raison de l’intensification des combats dans la région. Après le déversement de pétrole, les populations ont perdu toutes leurs sources d’eau, de sorte qu’elles sont désormais obligées de consommer de l’eau contaminée.», déclare Nestor Arteaga, Coordinateur du programme d’eau et d’assainissement pour Action contre la Faim en Colombie. « Les populations qui ont le moins de ressources, sont les plus vulnérables et les plus touchées. Ce sont les communautés afro-colombiennes qui sont le plus affectées, et en particulier les femmes, dont la charge de travail et les besoins sont multipliés.»

LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE EST À RISQUE

80% des familles qui vivent de la pêche, et du ramassage de crustacés et de crevettes sont directement touchées. Elles ont perdu toutes leurs récoltes. « Nous avons constaté qu’un grand nombre d’enfants montrent des signes de maladies respiratoires, ont des champignons, des allergies ou des éruptions cutanées, souffrent de maux de tête ou de diarrhée. Et en ce moment, ils ne reçoivent aucune aide. », déclare Juliana Ruiz, Responsable de programme chez Action contre la Faim en Colombie. « La tâche d’huile persiste, malgré les mesures d’assainissement. Pendant ce temps, les adultes et les enfants continuent de boire et de se laver dans les rivières, ce qui montre bien l’attachement culturel que ces communautés ont pour leurs rivières. »

Les communautés de Tumaco et Caunapi ont continuellement été touchées par le conflit armé. Les groupes armés contrôlent les rivières, seuls moyens de communication et de transport, ce qui rend l’accès à cette zone très difficile. C’est pourquoi la population est forcée de se déplacer d’un village à l’autre.

Compte tenu de la tendance de 2015, il est prévu que de tels évènements se produisent à nouveau. Cela signifie que cela prendra du temps pour faire en sorte que l’eau soit à nouveau propre à la consommation. « Le nombre total de personnes touchées pourrait être plus élevé. Pour le moment, il est impossible de placer des barrages de confinement ou bien de commencer le nettoyage en raison de l’impossibilité d’accéder à la rivière pour des raisons de sécurité. De plus, avec les fortes pluies, le pétrole va continuer sont chemin en aval et contaminer d’autres communautés « , ajoute Juliana Ruiz.

LA RÉPONSE D`ACTION CONTRE LA FAIM

Notre priorité est d’améliorer l’accès à une source d’eau potable et à des conditions sanitaires adéquates à travers la distribution de filtres, de cuves et de réservoirs d’eau, de moustiquaires, de kits d’hygiène et de savons, et la formation des populations aux bonnes pratiques d’hygiène. « Action contre la Faim travaille en coordination avec les autorités locales et les organismes des Nations Unies, ce qui nous permet d’avoir une présence accrue et plus efficace dans la région», ajoute José Luis Barreiro, Directeur d’Action contre la Faim en Colombie. « En tant qu’organisation humanitaire, nous fonctionnons selon des principes de neutralité et d’indépendance, nous espérons que des mesures seront prises pour trouver une solution au conflit afin de pouvoir éviter ces situations qui ajoutent plus de souffrances à la vie de la population civile. »

« Après cette première phase d’urgence, nous travaillons désormais sur la mise en place d’actions visant à améliorer la qualité de l’eau provenant d’autres sources, telles que les systèmes de collecte des eaux pluviales, de sorte que « les gens puissent manger et se laver avec de l’eau propre. »

Photo: © ACF Susana Vera 2009

Comments

Post a Comment

Your email is kept private. Required fields are marked *