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Amira : « Je peux enfin me permettre de les emmener dehors. »

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La supérette d’Amira est le seul magasin d’alimentation à des kilomètres à la ronde dans cette partie du sud de Gaza. ‘Passez’, me dit Amira en me saluant tout en continuant à s’occuper de ses clients. ‘Je suis toujours très prise le matin. Et, au fait, je dois bientôt partir’, ajoute-t-elle aussitôt. ‘Je milite pour défendre l’environnement et je dois aller voir des arbres que nous avons planté il n’y a pas longtemps.’
Je trouve incroyable qu’Amira trouve le temps et l’énergie d’être bénévole, étant la seule de la famille, qui compte trois enfants, à gagner sa vie en plus de s’occuper de sa mère malade. Ceci dit, quand on parle avec elle, on comprend facilement pourquoi elle est si connue dans sa communauté, où elle a la réputation d’aider les gens dès qu’elle le peut. Elle défend avec énergie les droits de la femme et parle librement de sujets délicats, comme le syndrome de stress post-traumatique, si présent à Gaza et dont on parle rarement ouvertement ‘Mes enfants ont ce syndrome et ils sont atteints de souffrance traumatique depuis les hostilités lancées sur Gaza. J’emmène toujours mon fils de quatre ans chez un thérapeute car il s’auto-mutile physiquement’ , partage Amira, préoccupée.
Son mari est au chômage. Lorsque la supérette d’Amira a été pillée pendant la dernière guerre, en 2014, la famille a perdu son unique source de revenus. Avec l’aide d’Action contre la Faim, Amira a rouvert son magasin et l’a modernisé. ‘Je n’ai plus besoin de me priver de nourriture pour alimenter mes enfants, et je peux même acheter des denrées saines comme des fruits, des légumes et du poisson’ , affirme-t-elle. Elle fait passer ses enfants en priorité et s’assure qu’ils soient bons en classe. ‘‘Maintenant, je peux me permettre de les emmener se détendre en plein air, ce qui contribue à réduire leur souffrance traumatique’’, ajoute-t-elle.
Amira rêve désormais de construire sa propre maison, avec deux petites chambres pour ses enfants et une cuisine bien équipée. Elle parle avec enthousiasme du programme de formation commerciale d’Action contre la Faim, où elle a appris à gérer ses marges et ses bénéfices. Toutefois, Amira a retenu bien d’autres choses de ce cours : ‘J’ai connu toutes sortes de femmes, là-bas. Nous avons non seulement partagé nos idées commerciales mais aussi beaucoup parlé de nos problèmes personnels.’
Amira rayonne d’ambition et conclut : ‘Je veux développer ma supérette et en faire une enseigne connue dans toute la province !’

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