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À l’abri des effets dévastateurs de la guerre

Récit d’une visite au Kurdistan irakien 

Après quelques jours passés dans le nord de l’Iraq en compagnie du personnel dévoué d’Action contre la Faim,  je n’arrive toujours pas à oublier le visage de ce petit garçon qui me souriait, en attente d’un sourire amical en retour. Ce petit aurait pu être n’importe quel autre garçon de mon quartier à Toronto… mais à une différence près, son père s’était immolé un jour avant que je ne le rencontre. Le fardeau de la terreur et de l’horreur que portent les gens est insoutenable.  Ce que le père de cet enfant avait vécu était de toute évidence accablant. Rien ne peut vous préparer au regard innocent d’un petit garçon qui en a trop vu mais qui a toujours l’espoir que quelqu’un – peut-être vous – l’aide à survivre et à avoir un jour une vie meilleure.

Je ne pensais pas du tout aux problèmes de santé mentale avant de me rendre en Iraq. Je me posais plutôt les questions suivantes : Les refuges sont-ils suffisamment chauds pour les familles? Est-ce que les repas y sont assez nutritifs? Les femmes peuvent-elles y allaiter leurs enfants? Pour ce qui est de l’assainissement  et de l’hygiène, y a-t-il de l’eau potable à boire et pour cuisiner? Les latrines sont-elles propres et à proximité des tentes? Peut-on y prendre une douche sans craindre une agression sexuelle?

Ce qui m’a le plus marquée après avoir rencontré ce petit garçon, c’est que le fait d’avoir assez à manger, d’avoir une tente sur la tête et de l’eau potable ne protège pas les gens des ravages psychologiques de la guerre. Il faut pouvoir surmonter le fait de devoir quitter sa maison, ses jouets, ses animaux domestiques, et de voir, choqué et horrifié, sa mère, son père, ses frères, ses sœurs et ses amis se faire égorger, tout en craignant ce que l’avenir réserve…

Au nord de l’Iraq, ACF est basée à Dohuk et Erbil. Nos équipes comptent plusieurs réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur du pays, notamment des syriens, des turkmènes, des kurdes et des irakiens.  Le travail ne s’arrête jamais, on travaille 24 heures sur 24. Lorsque nous recevons un appel nous informant qu’une nouvelle famille ou des nouveaux réfugiés sont arrivés, nous agissons immédiatement. La religion et l’origine ethnique n’importent pas. Ce qui compte c’est l’humanité et la dignité des personnes qui ont dû fuir. Nous devons les aider à préserver leur humanité et leur dignité. Et peut-être qu’ils garderont espoir dans un avenir meilleur après la guerre, à l’abri de ses ravages dévastateurs…

Les Canadiens ne doivent pas fermer les yeux à ces histoires de souffrance, ni devenir insensibles à cette humanité meurtrie. La seule différence entre nous et les réfugiés, c’est qu’eux ont eu la malchance d’être nés là-bas alors que nous avons la chance de vivre ici…

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