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3 QUESTIONS AU GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DE CAPIZ

Entretien avec Victor Tarco, gouverneur de la province de Capiz

Quelle est le bilan du passage du typhon sur la province ?

Selon les informations que nous avons aujourd’hui, 692 000 personnes ont été affectées par le typhon dans la province, 130 000 maisons ont été totalement ou partiellement détruites, 160 000 personnes sans-abris sont aujourd’hui réfugiées dans 841 sites d’évacuation… Le bilan de la catastrophe est très lourd. Heureusement, nous avons réussi à limiter les pertes humaines : nous avions pris les devants en voyant le typhon arriver et quasiment tous les habitants des zones côtières avaient été évacués de façon préventive, parfois même contre leur gré. Vu l’étendue des dégâts et le nombre de maisons détruites, cela a clairement permis de sauver des vies humaines.

En termes économiques, également les pertes sont énormes : nous évaluons les dégâts sur les infrastructures à 65 millions d’euros, ceux sur le secteur agricole à 12 millions d’euros, ceux sur le secteur de la pêche à 6 millions. Notre province vit essentiellement de l’agriculture et de la pêche. L’économie est donc largement touchée et nous avons besoin de fonds.

Sur quoi se concentre aujourd’hui les administrations et services techniques de votre province ?

Nos problèmes et priorités principales sont le rétablissement de l’électricité et des réseaux de télécommunication. L’eau potable est aussi un de nos gros problèmes : beaucoup de sources ont été contaminés. Les hôpitaux quant à eux sont globalement fonctionnels. De même, la nourriture et les abris : 90% des maisons ont été détruites dans certaines zones. Ce sera la plus grosse opération jamais vu sur la province pour reconstruire toutes ces maisons. De même, il faudra réparer les routes, les ponts…

Les municipalités ont mené des distributions de nourriture, d’eau et de filtres à eau, mais nous arrivons aujourd’hui au bout de nos stocks : Nous avons besoin de l’aide internationale.

Où en est l’aide à la province ?

Le lendemain de la catastrophe, nous avons transformé les bureaux de la province en centre de commandement et avons dédié une grande pièce à la coordination humanitaire. Tous les acteurs humanitaires travaillent dans cette pièce : cela aide beaucoup à la coordination. Tout le monde se retrouve le soir au même endroit pour échanger les informations importantes.

Je suis extrêmement touchée par l’aide internationale et tous ces étrangers qui sont venus jusqu’ici : on voit qu’ils sont vraiment venus pour aider. Il y a une bonne organisation ici et cette bonne collaboration fait que ça se passe plutôt mieux que dans d’autres îles.

Les municipalités ont mené des distributions de nourriture, d’eau et de filtres à eau, mais nous arrivons aujourd’hui au bout de nos stocks : Nous avons besoin que l’aide internationale prenne le relai. La priorité est vraiment la nourriture, notamment les distributions de nourriture dans les centres d’évacuation. Après viendra la reconstruction, mais je crains que notre province ne ressemble plus jamais à ce qu’elle était avant.

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